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L’église de Châtelblanc
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L'ancienne église de Châtelblanc
Pour le spirituel, et jusqu'à la Révolution, les habitants de la terre de Châtelblanc dépendirent toujours de Mouthe - directement ou indirectement - à l'exception toutefois de Chapelle des Bois qui eut son autonomie en 1746.
La paroisse de Mouthe, émanation de la première communauté de moines défricheurs fondée par Simon de CREPY au XIe siècle, fut, dès la fondation du bourg du Chastelblanc à la fin du XIIIe siècle, la paroisse de ses habitants.
Puis, la seigneurie se peuplant, les granges essaimant au plus profond des forêts cernant le bourg, il apparut bien vite que des cellules devaient se détacher de l'église-mère pour apporter à tous les secours de la religion.
CHAUX-NEUVE obtint l'érection d'une église en 1443, sous le pontificat d'Eugène IV. Celle-ci n'aurait été terminée qu'en 1463, nous dit l'abbé BOURGEOIS-MOINE, auteur du "Livre de Chapelle". Ce ne serait qu'en 1512 seulement que le curé de Mouthe permit aux habitants de la seigneurie de Châtelblanc d'entendre la messe à Chaux-Neuve, sauf aux quatre fêtes principales. Dès cette date donc, le vicaire de Chaux-Neuve desservit, au nom du curé de Mouthe, la seigneurie de Châtelblanc. Mais les terres étaient vastes et de circulation malaisée et il faudra bientôt adjoindre au vicaire perpétuel des aides, en la personne de deux autres vicaires qui desserviront également les chapelles fondées en l'église de la Chaux-Neuve.
Le 16 novembre 1534, M. De MATAFALON, curé de Mouthe, permit aux habitants d'inhumer leurs morts au cimetière qu'on établit alors autour de l'église de Chaux-Neuve, sous la réserve toutefois des droits du curé. On enterrait donc les morts, avant cette date, à Mouthe et l'abbé BOURGEOIS-MOINE écrit même que dans des temps plus anciens, l'on inhumait à l'abbaye de Mont-Sainte-Marie. Châtelblanc enterrera ses morts à Chaux-Neuve jusqu'en 1805.
Les vicaires de Chaux-Neuve avaient fort à faire si l'on considère l'étendue du territoire qu'ils avaient à administrer et la rigueur du climat de ces contrées. On en vint donc à penser qu'il fallait ériger de nouvelles chapelles. Les habitants ès-bois, futur CHAMPION puis Chapelle des Bois, délibérèrent à ce sujet dès 1628, et CHATELBLANC, à l'initiative du notaire Pierre BLONDEAU, un enfant du pays installé à Pontarlier, dès 1633.
La Chapelle
La fondation "première et principale" de la chapelle de Châtelblanc (ou ancienne église) fut faite le 2 septembre 1633, par "Pierre BLONDEAU à son vivant châtelain en la justice dudit lieu et Demoiselle Anne ROZARET sa femme, tous deux bourgeois de Pontarlier" (précisions sur ces fondateurs).
Ils envisagent d'ériger une chapelle au-devant de leur maison à Châtelblanc (cette maison était sur l'emplacement du presbytère) et dans ce but fondent trois messes par semaine. Outre la fourniture des vases sacrés, des ornements d'autel et autres choses nécessaires à la célébration des offices, les fondateurs donnent 1.000 francs produisant un intérêt annuel de 60 francs. Dans leur testament en date du 8 avril 1638, publié à Thonon en 1646, Pierre BLONDEAU et Anne ROZARET font " une augmentation de fondation de 300 francs" pour l'entretien de la chapelle.
L'archevêque de Besançon, Ferdinand de RYE, accorde sa permission le 10 février 1634 pour l'érection de la chapelle "en l'honneur et révérence de la glorieuse Vierge Marie mère de Dieu, du glorieux apôtre Monsieur Saint Pierre et Madame Sainte Anne nos patron et patronne".
Très vite, des fondations particulières vinrent s'ajouter à la fondation primitive des époux BLONDEAU. Ce sont plus de 80 fondations que l'on retrouve dans un registre conservé dans les archives du presbytère de Châtelblanc (aux ADD maintenant). D'une importance inégale, elles témoignent de la ferveur religieuse des habitants de ce lieu.
Mais l'entretien de la chapelle s'avère onéreux. Il a même fallu racheter une cloche car la première semble avoir été emmenée par les "Suédois" lors de leur passage en 1639. C'est ce qui détermine Claude BLONDEAU, le premier chapelain et fils du fondateur, à passer, le 7 juillet 1665 un traité avec les habitants de la communauté : le chapelain, et par lui les collateurs, remettent aux habitants de Châtelblanc la chapelle "pour s'en servir et la fréquenter en bons chrétiens moyennant qu'ils l'entretiennent".
La chapelle fut bénie le 9 septembre 1665 par Monseigneur Pierre Antoine de GRAMMONT, archevêque de Besançon.
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