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Les DENISET du Brey
Quelques mots maintenant sur ma deuxième famille, ma famille du côté maternel : les DENISET du Brey, qu'on voyait à peu près deux fois l'an : une fois au printemps, avant les foins, par un voyage avec le "tacot", et une autre, le 30 septembre, à la Saint-Alexandre où ils étaient régulièrement invités (ils, c'est-à-dire "les Brey" comme on disait) et régulièrement présents car, outre les dévotions d'usage à nos saintes reliques, ils devaient bien, eux aussi, apprécier la “crême aux îles” de m'man accompagnant le "gâteau de la COOP"!
Le parrain et la marraine du Brey (elle était vraiment ma marraine), les voilà justement sur cette photo de mariage, celui de p'pa et de m'man, le 24 septembre 1936, prise à côté de l'église du Brey.
Le "parrain du Brey", Joseph DENISET, était un personnage, craint de tous et, conscient de cette image qu'il avait su imposer, il la portait en toute occasion comme une bannière de procession. Catholique jusqu'au bout des ongles (il avait deux oncles curés), ayant été dans sa jeunesse quelques années dans une institution religieuse, organiste, chantre, il était de tous les offices. Longtemps maire du village, un temps conseiller d'arrondissement, sous une étiquette bien-pensante, il tenait sa maisonnée d'une poigne de fer, dans un respect absolu de l'Eglise et de ses dogmes.
A côté de lui - un peu en retrait quand même! - ma gentille marraine semblait filer doux, mais son sourire, un rien narquois, sous-entendait quelque chose comme : "cause toujours beau merle ! Tu ne m'impressionnes plus !..."
Ils étaient courageux, travailleurs comme on l'était encore à l'époque, où la vie était bien dure. Avec ses deux fils, François et Louis, le parrain tenait une petite scierie (qui finit par brûler), à côté d'un modeste train de culture dont s'occupaient surtout les femmes. On vivait là dans le souvenir de glorieux ancêtres qui furent maréchaux-ferrants et taillandiers pendant la révolution et une bonne moitié du XIXe siècle. Hugues Alexis forgeait même des baïonnettes pour les armées révolutionnaires et son fils avait, comme maréchal, atteint à une grande renommée dans tout l'arrondissement Chez lui, c'était "chez l'marétchô". Mais depuis, les chevaux avaient disparu, la vie avait bien changé et il avait fallu s'adapter...
Adieu, parrain, toujours saupoudré de sciure ! Adieu, marraine et vos "nom de bois" (prononcez : bouè, comme sous Louis XIV - le plus osé de vos jurons !) pleins de malice.
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1 : Denise BOURGEOIS, grand-mère paternelle
2 : Joseph DENISET, grand-père maternel
3 : Berthe, son épouse
4 : Marcel Bourgeois, p’pa
5 : Thèrèse DENISET, m’man
6 : André, frère de p’pa
7 : Marie BARTHELET, mon arrière-grand- mère
maternelle, mère de Berthe
8 : François DENISET, frère de m’man
9 : Marie-Louise DENISET, soeur du grand-père
10 : Louis DENISET, frère de m’man
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