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La seigneurie de Châtelblanc
Les aléas climatiques
le 10 juin 1394, l'on obtint de pouvoir faire la récolte sans attendre que les fermiers ne prennent la dîme sur le champ.
Qu'arrivait-il en cas d'année catastrophique pour les grains ?
Nous sommes à l'automne 1737, les habitants écrivent au Prince d'Isenghien la supplique suivante :
"Supplient humblement les habitans et communautez de la chauxneuve et du chastelblanc, vos tres humbles sujets et disent,
que le vingt six juillet dernier il tomba une grêle si prodigieuse sur leurs territoires quelle perdit totalement les grains qui estoient ensemencez dans le vallon, les foins qui nestoient pas encore receuillis et tous le paturage pour le batail, le 26 septembre de la meme année ils essuyèrent une seconde grêle qui gata dans les hauteurs ce que la première grêle pouvoit y avoir espargné car dans le vallon la première n'y avoit rien laissé.
Par ce fleau les supplians se trouvent dans la plus triste scituation puisque non seulement ils nont receuillis aucuns bleds pour subsisters, mais encore parce quils sont hors d'etat de pouvoir nourrir pendant lhyvers leur betail qui est neantmoins leur seule ressource et meme dachepter les bleds qui leurs sont necessaires pour la subsistance de leurs familles.
(...) Cela etant n'y auroit il pas de lequité et meme de la justice de descharger pour cette année seulement et sans tirer a consequence les suplians de cette prestation qui estant une veritable dixme ne doit avoir lieu quautant qu'il y a des fruits decimables et il n'y en a aucun en la presente année, tout ayant esté ravagé par la grêle(...)
Et les supplians continueront leurs voeux pour la santé et prosperitez de votre altesse."
En effet, si la dîme avait dû être perçue "sur le champ", comme avant 1394, les fermiers n'auraient pas trouvé de grain.
Le prince a-t-il accédé à cette requête? Je l'ignore, n'ayant trouvé aucun autre document à ce sujet. Il est certain que pour approfondir cette étude il faudrait les comptes des fermiers et des procureurs qui doivent se trouver, au château d'Arlay pour le seigneur laïc, et à Saint Claude ou aux archives du Jura pour le seigneur ecclésiastique.
J'ai retrouvé un état des reconnaissances faites par les habitants de Châtelblanc des journaux de terre qu'ils ont semés en 1699, état rédigé à la Purification de 1700. On y déclare un total de 220 émines de grain. Chaque feu de la communauté est cité avec le nombre de journaux ensemencés, ainsi que s'il doit fournage entier ou demi-fournage.
Ainsi, et pour ne pas tout citer, Pierre BLONDEAU le chirurgien dit avoir semé 4 journaux d'avoine, un journal d'orge et devoir le fournage entier ( donc il a "beste pour tirer la charrue").
L'autre chirurgien, Claude François MICHAUD PIRET, a semé 9 journaux et doit fournage entier. Claude BOURGEOIS l'armurier a semé 5 journaux et doit fournage entier. Mon ancêtre, Jean François BOURGEOIS des Serments a semé un journal et doit demi-fournage. Etc.
Illustration tirée de Barbizier
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