La famille COUSIN
" Charles Quint, par la faveur et toute puissance du souverain créateur, empereur des Romains et toujour Auguste, roy des Germains, Espagne, des deux Siciles, de Jérusalem, d'Hongrie, Dalmatie, Croatie, des Isles Formose, SaintDomingue, Pérou, Mexique, des Indes et terre ferme, de la mer océane, archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne, Lotrique, Brabant, Limbourg, Luxembourg, Gueldres, Vittemberg, comte d'Asbourg, Flandre, Tirol, Artois et Bourgogne, Palatin d'Haynau, Hollande, Zélande, Ferrette, Fribourg, Namur, Zulphen, Landgrave d'Alsace, prince du Saint-Empire et de Souabe, seigneur de Frise, de Malines et de Salins, de Tripoly et de Melchinié;
Ayant reconnu les mérites personnels, la science sublime, la doctrine entière, la sagesse sincère et irréprochable, les qualités surnaturelles qui sont attaché à nos bien aimés Gilbert, docteur en la théologie, Hugue le Vieux, Hugue le Jeune, Antoine et Jean Cousin frères, nous avons bien voulu leurs accorder notre grâce impériale, avec toute l'étendue de notre libéralité caesaarienne et de notre Saint-Empire, comme à des personnes d'un mérite excellent, doué de qualités sans pareil, distingué par leurs science et vertu éminente, en quoy ils excellent, méritants par là les récompenses qu'ils doivent attendre de notre reconnoissance. Laquelle reconnoissance ils ont mérité par le grand attachement qu'ils ont eu et témoigné envers notre personne sacrée et notre Saint-Empire, par l'étude de la vertu, par leur doctrine sublime, l'intégrité de leurs vies, et l'observation la plus exacte de la religion la plus pure qu'ils ont fait connoitre avec ardeur dans la défense de nos maisons d'Autriche et de Bourgogne.
Spécialement Hugue, qui s'est distingué et signalé par les marques les plus authentiques, les services les plus grands, par le courage invincible dans toutes les expéditions tant de terre que de mer et même dès ses plus tendres années, exposant sa vie contre l'ennemy commun du nom de chrétien, tant en Hongrie que dans le périlleux voyage de Tunis et spécialement dans la Gaule Narbonoise contre l'ennemy commun, et spécialement dans la défense de notre Château neuf assiégé par les turcs, où ledit Hugue fut non seulement blessé, mais pris par lesd. Turcs et conduit en captivité chez les infidèles et chargé de chaînes et enfermé en un cachot pendant quatre années.Il n'en est revenu que racheté par une grande somme d'or, et ensuite s'est rendu en notre cour souveraine de notre ville de Valence en Espagne, qui nous a fait un détail très circonstancié des affaires des Turcs, de leurs fortifications, munitions, de leur forteresse de Nézoré (?), de leur flotte qui a infecté notre royaume de Sicile l'an quarante-deux et qui a fait connoitre avec une foy pure et une intégrité sans pareille, ce qui nous intéressoit.
C'est pourquoy nous avons appelé led. Hugue dans notre cour de Valence en qualité de messtre de camp, qui nous a servi pendant sept années consécutives en cette qualité très laborieusement et avec une diligence digne de ses belles qualités. Et vous êtes montré tel en toute rencontre, ainsy que vos frères qui se montrent tels et qui se sont immortalisés pour notre service, dont nous en sommes pleinement persuadé et qui ont péri à notre service, particulièrement deux, sçavoir : Etienne, qui fut tué dans l'expédition contre les Gueldres et Louis Cousin, contre les François à Boulogne. Nous serions chargé d'ingratitude si nous ne récompensions de semblables services par la libéralité de notre sacrée majesté, qui reconnoit votre mérite et qui vous comblerat d'honneurs et tel que vous l'avé mérité comme digne de l'être par un grand prince ainsy que tous ceux qui s'appliqueront à l'étude de la vertu.
C'est pourquoy, par une entière délibération, de notre propre mouvement, d'une connoissance certaine et du Conseil de ceux qui composent notre illustre Chambre Aulique, nous avons donné des lettres de noblesse, avec tous droits, privilèges, et prérogatives attachés à la noblesse à nos amés, lesdits Gilbert, Hugue le Vieux, Hugue le Jeune, Antoine et Jean Cousin frères, pour les perpétuer à leurs descendants, nés et à naître, tant masles que femelles et procréés en légitime mariage et à l'infini et les avons fais, constitués et créés nobles, comme les plus nobles de notre Saint-Empire et par la teneur des présentes, nous les créons, érigeons, constituons et illustrons par les marques les plus distinguées et les plus authentiques et établissons de noble race, par tous les degrés de dignité et état.
Décernons, voulons et statuons par notre édit impérial et à tous et en tous lieux et dans les tems futurs et perpétuels, vous lesd. Frères et héritiers nécessaires descendants à l'infini tant paternels que maternels et en tous lieux de la terre, vous soyés nobles et d'extraction très noble, tant en jugement qu'en dehors et dans les choses temporelles et spirituelles, ecclésiastiques et prophanes, de quelle nature elles puissent être, dont on pourroit faire mention dans les présentes, et d'être en droit de jouir de tous privilèges, faveurs, immunités accordés aux vrays nobles de notre Saint-Empire, comme prouvés de quatre lignées tant paternels que maternels, lequel droit nous vous accordons afin que vous en puissiés jouir et user avec tout pouvoir et liberté;
Et pour marque plus authentique et que vos lettres de noblesse ayent plus de force, vigueur et valeur et une plus grande renommée, nous vous donnons, accordons et élargissons à vous et à tous vos descendans lesd. Frères, à vos fils héritiers tant masles que femelles et par la teneur des présentes et de notre souveraine autorité impériale, le droit d'avoir des armes, que vous metrés en tout et partout et où vous trouverés convenir, vous Gilbert, Hugue le Jeune, Antoine et Jean Cousin frères et fils héritiers descendans et que vous puissiés vous en servir en témoignage de la vraye noblesse, que nous vous accordons et réitérons et de les manifester en toutes sortes d'actions, expéditions en quel lieu de la terre que ce soit et en toutes sortes d'actions décentes et raisonnables et comme vrays nobles et capables de porter les armes tant dans le sérieux que dans la joye, dans les tournois, jeux publiques, sièges, batailles, combats singuliers et généraux, bouclier, étandar, anneau, cachet, sceau, tapis, fenestre, tapisserie, mausolée, sépulcre, peinture, sculture, édifice, sopha, girouet, et lit de parade et généralement sur toutes (sortes) de meubles et en tous lieux, suivant votre vouloir et arbitre et par là d'être exempts de toutes charges onéreuses, et d'avoir tous privilèges, exemtions, liberté, droit féodal, et décharge de toutes charges réelles, personnelles et mixtes, avec tous droits, dignités, grâces, récompenses comme les vrays nobles de notre Saint-Empire sont illustrés, à qui tous lesd. Honneurs, privilèges et grâces sont accordés tant par nous que par nos illustres prédécesseurs de glorieuse mémoire et qui jouissent gracieusement de semblables armes;
Lesdites armes étant un bouclier en champ d'azur ou couleur céleste, dans le milieu duquel et dans le trajet ou traverse de couleur d'argent il y aye un serpend verd, la tête élevée, la langue dehors et rouge, poussée en avant dans l'angle antérieur et supérieur du trait et le corps dud. Serpent réfléchi et la queue recoquillée trois fois dans led. Bouclier et en la partie supérieure du bouclier et dud. Trait une tourterelle de couleur blanche et argentée, le bec et les pieds de couleur jaune ou d'or, regardant l'angle antérieur dud. Bouclier; et sur led. Bouclier paroitrat un heaume ouvert en façon de treillis et frangé finement, de couleur azur céleste ou blanc argenté soutenu d'un bouquet de laurier verd et dans le coupet dud. Heaume paroisse une semblable tourterelle dans la partie basse dud. Bouclier, ce que les graveurs et peintres feront manifester plus clairement.
Et s'il y a quelqu'un d'assés osé et téméraire de quelque qualité et rang qu'il puisse être, qui ose contrevenir à la concession de la dite noblesse et s'y opposer, il encourrat notre indignation impériale et serat condamné irrémisciblement à trente marc d'or pur, aplicable la moitié à notre majesté impériale et l'autre moitié à celuy qui aurat été molesté et souffert semblable injure.
En foy et témoignage desd. Titres de noblesse, nous avons apposé notre sceau impérial dans notre ville de Bruxelles au duché de Braban le dix-septième jour du mois d'octobre, l'an de grâce mil cinq cent cinquante-cinq, le trente-cinq de notre empire et de nos royaumes le quarantième.
Signé : Charles
et plus bas : PERNOT."
Lettres de Noblesse
des frères Cousin
1555
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