La commune et ses hameaux (3)
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HISTOIRE RELIGIEUSE
Dans la plupart des cas, une seigneurie s'identifie à une paroisse; Châtelblanc offre au contraire la particularité d'être rattaché à l'église de Mouthe, sa faible population ne justifiant pas la création d'une paroisse autonome. Il faut attendre le XV e siècle (1443) pour qu'une chapelle soit construite à Chaux-Neuve; au XVIIe siècle, le vicariat dépend toujours du curé de Mouthe.
C'est également au XVIIe siècle qu'une chapelle sera érigée à Châtelblanc; elle sera consacrée en 1665 par Antoine-Pierre 1er de Grammont, archevêque de Besançon. La fondation (1633) est due à Pierre BLONDEAU-BENOIT et Anne Rosaret son épouse; les fondateurs s'étaient réservé, à eux-mêmes et à leurs héritiers, le droit de nommer à cette chapelle. Le premier chapelain en fut d'ailleurs leur fils, Claude Blondeau, docteur en théologie, chanoine de l'église de Besançon et prince de Jussey. Son successeur fut son neveu, Alexandre Blondeau, protonotaire apostolique et aumônier du prince Eugène de Savoie; le 3e, François-Joseph Blondeau, est encore un neveu du précédent, aumônier du prince de Condé. On devine que ces chapelains titulaires ne résidaient pas et nommaient un prêtre desservant. Les habitants de Châtelblanc continuent d'ailleurs à dépendre de l'église vicariale de Chaux-Neuve; la chapellenie ne sera remplacée par un statut de succursale qu'en 1807.
En1642, les Frères déchaussés de l'Ordre de la Sainte Trinité avaient reçu du pape Urbain VIII les corps de plusieurs martyrs (exhumés des cimetières romains), dont celui de saint Alexandre; ils en firent don à Claude Blondeau (les "lettres authentiques" de Rome sont datées du 6 mai 1680) qui céda ces reliques à la chapelle de Châtelblanc dont il était le chapelain. La translation eut lieu le 29 septembre 1684; l'anniversaire (célébré le 30) en devint le prétexte d'une cérémonie annuelle. Le centenaire, en 1784, devait réunir plus de 8.000 personnes et, en 1834 (150e anniversaire) on comptera encore quelque 3.000 pélerins! Au cours de la Révolution, ces reliques furent menacées de destruction et ne durent d'être sauvées qu'à l'intervention d'un officier municipal du nom de Claude Griffon.
La pratique religieuse reste vive à Châtelblanc au cours des siècles. Au XIXe siècle encore, elle est estimée à peu près unanime, puisque l'abstention au devoir pascal et à la messe du dimanche est inférieure à 5%. L'enquête de 1962 apporte par contre quelques nuances. Si la pratique des "femmes adultes" reste très forte ( Pâques : 90-100 %; messes du dimanche : 75 - 89 % ), les hommes fréquentent moins l'église (ils se situent dans la fourchette des 45-59 % pour la messe dominicale) et les sacrements (Pâques : 75-89 %). On peut noter cependant que Châtelblanc reste alors parmi les communes les plus pratiquantes du Haut-Doubs.
L'église de Châtelblanc, dédiée à la Nativité de Notre-Dame, construite dans la seconde moitié du XIXe siècle sur les plans de l'architecte Painchaux, a remplacé une chapelle primitive du XVIIe siècle. Précédée d'un clocher-porche reconstruit dans les premières années du Xxe siècle ( architecte Cellard ), l'église adopte le principe d'une croix latine; elle est composée d'une nef unique à trois travées couvertes par une voûte en berceau, d'un transept et d'un choeur. Malgré quelques éléments de décoration ( chapiteaux, pilastres, portails classiques...) empruntés au vocabulaire architectural courant au XIXe siècle, l'ensemble conserve une certaine austérité qu'accentue encore une hauteur sous voûte imposante.
Des fondations primitives, l'église de la Nativité semble ne rien avoir conservé, puisque c'est essentiellement au XIXe siècle que le mobilier actuel doit son origine (autels retables latéraux) ou au XVIIIe siècle (fonts baptismaux, statues reliquaires).
Rien ne subsiste du château-fort qui défendait le site; construit dans la première moitié du XIVe siècle, il fut détruit pendant la guerre de Dix Ans. Comme témoignage des siècles passés, seule une croix monumentale datée de 1561 demeure en place; quelques fermes portent encore divers chronogrammes (1612,1739,1754,1827,1877,1882) attestant d'une ancienneté plus ou moins importante.
Des hameaux et des écarts viennent augmenter l'importance du village dont le centre s'étire le long d'un axe de circulation. Maisons accolées et maisons non jointives, bâtiments anciens et constructions récentes composent le village de Châtelblanc, qui ne semble pas répondre à un schéma d'urbanisme très rigoureux. Si certaines fermes ont conservé quelques éléments architecturaux anciens, la plupart des bâtiments sont encore imprégnés de cette tradition de construction locale privilégiant les bâtisses importantes et lourdes, couvertes par d'imposantes toitures; le bâti est, dans ses formes et ses proportions, assujetti aux rigueurs climatiques de la région.
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