La commune et ses hameaux
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CHATELBLANC
Notice tirée du "Dictionnaire des communes du Doubs".
Histoire - Economie et société - histoire religieuse
La commune s'appuie, au sud, sur le lourd anticlinal coffré du Mont Noir couvert par les sapins et les épicéas du Bois Bannal et qui s'élève à 1.223 mètres. Vient ensuite une dépression verdoyante qui s'abaisse à 970 mètres. Elle correspond à l'extrémité du Val de Mouthe qui se poursuit jusqu'aux Hôpitaux Vieux. Cette dépression se resserre en même temps qu'elle est encombrée de rides parallèles, orientées nord-est sud-ouest. C'est là que s'est développé Châtelblanc, juché sur la côte d'un petit synclinal perché boisé, à 1.000 mètres d'altitude. Plus au nord, les prairies disparaissent, s'effaçant à nouveau devant la forêt et l'altitude remonte, dépassant 1.200 mètres au Croz Mont. Tous ces reliefs ont une direction conforme au faisceau de plis helvétiques auxquels ils appartiennent ( nord-est - sud-ouest ).
La localité, avec sa disposition linéaire, apparaît comme un village-rue aux maisons mitoyennes, auquel s'ajoutent divers hameaux et écarts. L'altitude est responsable d'un climat de montagne, rude et humide avec un enneigement important. Le réseau hydrographique est constitué par le Bridoz ( ou Brideau ), le Subériot ( orthographié également Subériaux ) et le Bernardier. Il y a aussi, dans les parties basses mal drainées, des marais. Il existe enfin des gouffres, le plus profond étant près du lieu-dit "chez l'Officier".
HISTOIRE
Au Ve siècle, l'installation de moines à Condat ouvre la voie au peuplement du Jura, ce monastère étendant son influence et son rayonnement au cours des siècles suivants. C'est dans ce contexte que se situe l'histoire de Châtelblanc, mais à une date plus tardive.
Au XIIe siècle, un petit prieuré rural s'est installé à Mouthe, dans la dépendance de Saint-Claude; au XIIIe siècle, un seigneur laïc entre en scène : en 1266, Jean de Chalon signe avec l'abbé de Saint-Claude un traité qui lui donne en fief les Hautes Joux jusque là inhabitées, sous condition de faire défricher les terres. Son fils, Jean de Chalon-Arlay obtient de l'abbaye l'entière disposition des forteresses qu'il pourrait construire; cette charte de 1301 précise par ailleurs que les deux coseigneurs se partageront de façon égale les revenus des terres inféodées, l'abbé de Saint-Claude se réservant également les privilèges spirituels.
Jean de Chalon-Arlay fait donc construire un château fort à Châtelblanc et décide de faciliter le peuplement de la nouvelle châtellenie en accordant des franchises à ceux qui viennent former le "bourg" de Châtelblanc ( 1303 ), franchises étendues ensuite ( 1364 ) à l'ensemble des habitants par Hugues de Chalon-Arlay. En 1351, la peste "a presque détruit" Châtelblanc et les "bourgeois" pensent "à se transporter en d'autres lieux pour soulager leur pauvreté"; pour que "ladite ville ne demeure point dans la désolation", l'abbé de Saint-Oyend leur accorde alors, à son tour, "quelque grâce de liberté et de franchise"; en 1384, cet affranchissement est étendu à toute la seigneurie. Les conditions imposées par le cadre géographique ne facilitent pas le peuplement ( c'est ce que montre le grand nombre de petits hameaux ou de fermes isolées ) et la conquête du Noirmont ne se développe qu'au Xve siècle. Pourtant, deux noyaux se constituent et s'affirment autour des deux pôles de la châtellenie : le château de Châtelblanc et l'église de Chaux-Neuve ( établie en 1443 ), Chapelle-des-Bois n'apparaissant que plus tardivement. Le partage territorial entre les deux communautés est réalisé en 1516.
La mort de Philibert devant Florence en août 1530 fait passer l'héritage des Chalon dans une lignée collatérale; Philiberte de Luxembourg est l'usufruitière des biens laissés par son fils, au nom de René de Chalon, comte de Nassau et prince d'Orange. De nombreux incidents marquent ensuite l'histoire des XVIe et XVIIe siècles : différend entre l'abbé de Saint-Claude et le prince d'Orange en 1543 ( l'abbé voulait que son sceau fût "pendu" au-dessus de celui du prince; il affirmait ainsi ses droits sur Châtelblanc ) - procès entre les châtelains et les Jésuites, prieurs de Mouthe, au sujet de terres contestées ( 1647-1648 ) - contestations après la nomination d'un châtelain en 1671 ( l'un des prétendants était nommé par le surintendant de l'abbé de Saint-Claude, l'autre l'avait déjà été par le prince d'Orange et l'abbé ) - procès entre le "sieur MICHAUD, procureur du prince d'Orange", et Pierre MICHAUD et consorts, tanneurs, au sujet des droits que prétendaient avoir ces derniers de prendre l'écorce du bois mort de la forêt de Châtelblanc ... La guerre de Dix Ans ne ménage pas la seigneurie; le château est détruit et Bernard de Saxe-Weimar occupe Châtelblanc en 1639.
En 1702, Guillaume de Nassau, prince d'Orange ( et roi d'Angleterre ) disparaît; par un arrêt de la Chambre des Comptes du 4 mai, le roi de France s'empare des biens composant sa succession en Franche Comté; cette mainmise concerne les domaines de Rochejean, La Rivière, Jougne et... Châtelblanc. Le 15 juin 1722, Louis de Gand, de Mérode et de Montmorency, prince d'Isenghien, reprend ces biens, comme membre de la famille de Nassau. En 1773, Elisabeth-Pauline d'Isenghien, épouse du comte de Lauraguais ( mais séparée "de biens et d'habitation" ) marie sa fille aînée, Félicité de Brancas au prince d'Arenberg, qui devient ainsi l'héritier des Chalon.
Le cahier de doléances des habitants de Châtelblanc en 1789 résume assez bien leur situation. Ils demandent le libre commerce avec la Suisse ( dont ils sont proches ) et se plaignent d'avoir trois églises et trois presbytères à entretenir ( Mouthe, Chaux-Neuve et Châtelblanc ).
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