Les BOURGEOIS
Les BOURGEOIS L’HOTE (suite) Les enfants d'Alexandre JOSEPH BOURGEOIS dit HOTE
JEAN ALEXANDRE
Né le 26 juillet 1774, sera de la Première Réquisition (1793). Le 18 décembre 1794 (28 frimaire an III), il passe devant le
Tribunal Révolutionnaire à Paris, où il a été interrogé le 17 novembre. Prévenu de complicité d'émigration. Dossier aux
Archives Nationales : W 494.
"... attendu qu'il n'y a aucune preuve de l'émigration de l'inconnu ni de la complicité avec lui de la part de BOURGEOIS
et ROUSSEL, déclare qu'il n'y a pas lieu à accusation contre lesdits ROUSSEL et BOURGEOIS, ordonne en conséquence qu'il sera
à l'instant mis en liberté ...".
5 janvier 1795 : Jean Alexandre doit rejoindre son bataillon dans les trois jours, sinon il aura affaire à la gendarmerie.
9 janvier 1795 : "Jean Baptiste BOURGEOIS, capitaine de la Garde nationale, est requis par la municipalité de saisir la première
fois qu'il apercevra le citoyen Jean Alexandre BOURGEOIS pour le conduire de poste en poste jusqu'au canton pour le faire joindre
le bataillon et fera visite domiciliaire pour saisir toutes les armes qui sont dans son domicile et ce dans le plus bref délai."
1er août 1795 : Hôpital de Strasbourg : Jean Alexandre "convalescent de fièvre est dans un état de faiblesse entretenue par la
nostalgie". D'où convalescence de deux décades à passer dans son lieu natal sous la surveillance voulue par la loi.
Avril 1796 : Son père dit qu'après une convalescence, il est parti pour rejoindre sa brigade. On a vu "sa feuille de route délivrée
le 24 avril 1796 à Pontarlier, passant par Mouthe, Foncine et Lons pour se rendre à l'armée aux Alpes, 1er bataillon de la 17e
demi-brigade, 8e compagnie". Décembre 1796 : a rejoint son corps, bataillon de l'Ain.
Mars 1797 : on le croit au 9e bataillon du Rhin.
Début octobre 1797 : Armée du Rhin. Il y a peu de temps qu'on a vu de ses lettres; on ne se rappelle pas dans quel corps il est.
2 avril 1799 (13 germinal an VII): promesse de mariage avec Marie Elisabeth CART de Mouthe. "Jean Alexandre parut dans notre commune porteur d'un congé légalement délivré. A cette époque il contracta mariage par devant l'administration du canton de Mouthe avec une fille de Pierre Mathieu CART; il y est resté pendant quelque temps.Ensuite de quoi il entra dans les douanes. Dès lors il n'a point été inscrit aux tableaux civiques de notre commune et par conséquent domicilié à Mouthe. Resta dans les douanes environ un an."
Pendant ce temps, la gendarmerie le recherche.
Début avril 1800 : 25 ans 9 mois. Journalier. Marié et indigent. "A obtenu un congé ou une exception de service militaire en exécution de l'arrêté du sénatus-consulte du 17 ventose an VIII (8 mars 1800)."
27 août 1800 :(état-civil de Châtelblanc) : le couple a Pierre Agile. On le retrouvera vers chez VUILLET en 1834-1835, marié à Marie Françoise PAULIN. Auront des enfants baptisés à Chaux-Neuve.
21 novembre 1801 : "Le maire provisoire de Chatelblanc s'est présenté avec le garnisaire au domicile du père de Jean Alexandre BOURGEOIS réquisitionnaire. Ledit père est le seul parent qu'il ait dans notre commune (il a environ 70 ans) ayant à sa charge sa femme et quatre enfants réduits à la mendicité. Nous a répondu qu'il n'avait pas deux livres de pain chez lui pour toute provision et qu'il y avait plus de trois ans que son fils Jean Alexandre était dehors d'avec lui et qu'il ne savait nullement où il était. Son corps le redemande à son poste. Le commandant du fort de Joux envoie un garnisaire pour le placer chez les parents (le garnisaire devait être logé et entretenu par la famille: on espérait ainsi faire pression pour que le recherché réapparaisse et regagne son corps). Voici plus de six mois que ni lui ni sa femme n'ont point habité Chatelblanc. Safemme étant la plus proche de ses parents, c'est elle qui doit loger le garnisaire".
Ensuite, je n'ai plus de renseignements sur lui. Si quelqu'un, au cours de ses recherches, l'a rencontré, merci de me faire part de l'information.
FRANCOIS ALEXANDRE
Né le 4 juin 1777. Tiré au sort le 16 mai 1799, il part le 21 pour la 61e demi-brigade. Début mars 1800 : "A été à l'armée de Suisse. En convalescence chez son père, étant porteur d'un billet de l'hôpital de Berne". Il épouse - me dit André BOURGEOIS dont c'est l'ancêtre direct - le 9 décembre 1804 à Le Latet (Jura) Simone Joseph MELET. Il mourra le 4 mai 1847 à Nozeroy.
ALEXANDRE JOSEPH
Né le 22 mars 1780. En date du 10 août 1794, la municipalité répond à une enquête sur les biens des émigrés et déportés de la commune : " Alexandre Joseph BOURGEOIS dit le petit hôte émigré possède à Chatelblanc un chasal de maison avec jardin et rochères contenant un quart de journal sans produit. Les officiers municipaux observent que ces objets sont indivis avec Jean Pierre BOURGEOIS son frère absent depuis 20 ans, Ignace abesent depuis environ 18 ans, Marie Claudine mariée à Nozeroy et Marie An... BOURGEOIS aussi soeur mariée à Dole".
Ce document me laisse perplexe. Notre Alexandre Joseph a 14 ans en 1794, ce ne peut donc être lui l'émigré. Pas à cet âge. De plus les frères et soeurs cités ne correspondent pas avec ceux de notre Alexandre Joseph. En revanche, ils correspondent avec les frères et soeurs du père : Alexandre Joseph "l'ancien militaire". Or, ce dernier ne peut être l'émigré : il est dit dans le document "le petit hôte", et "l'ancien militaire" est dit, en octobre 1796 "l'aîné". Y aurait-il eu deux frères Alexandre Joseph ? Toujours ces problèmes d'homonymie!... Or, la famille possède bien un chasal de maison, celle qui a été écrasée sous une avalanche de la Roche.
Alexandre Joseph le jeune (fils de l'ancien militaire), sera journalier (toujours cet indice de pauvreté) et épousera le 19 février 1813 à Châtelblanc Claudine Françoise Mélanie JANNIN, âgée de 24 ans, cultivatrice à Foncine le Bas. Prénommé sans doute couramment de Joseph, comme son père, il est dit en 1833 : "Chez Joseph LHOTE au village fermier de la veuve BOURGEOIS" et semble habiter alors la maison dite chez PAGNIER (là où était le café chez Charles BOURGEOIS-REPUBLIQUE). Mais il mourra sur le Tartet le 29 juin 1853, toujours journalier.
Enfants d'Alexandre Joseph : Jean Antoine mort à 7 ans le 8 septembre 1820 ; le 17 février 1820 : Maximin BOURGEOIS dit DESSUS ; le 10 février 1822 : Joseph (je perds leur trace à tous les deux) ; le 22 mars 1824 : Lucie, couturière, épouse le 17 juin 1847 François Joseph BOUVERET douanier à Chaux-Neuve ; le 27 février 1827 : Alexandre Jules, sergent au 1er zouaves, tué devant sébastopol le 8 septembre 1855 ; le 7 janvier 1830 : François Zéphirin, fabricant de cabinets d'horloges (aux Grands Abattois Dessous en 1866), époux de Marie Joséphine SIRE.
Enfants de ce couple : 31 juillet 1865 à Chaux-Choulet : Jules Joseph Alexandre ; 1er mars 1867 aux Grands Abattois : Jean Ulysse Maximin ; 14 mai 1869, aux Grands Abattois : Charles Joseph Zéphirin. La famille quitte Châtelblanc peu après 1869. Pour où ?
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