Les malheurs des temps....
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La Seconde guerre mondiale (suite)
La contrebande
Pour certains, des jeunes gens notamment, la contrebande permit de gagner quelque argent. Elle prit une certaine ampleur au début de l'année 44, une fois que le tabac se fut raréfié en France, prenant ainsi de la valeur. Car l'essentiel de la contrebande concernait le tabac.
Les contrebandiers partaient à la nuit tombante pour passer la frontière de nuit, par Combe des Cives, la Jaique, le Chalet Brûlé, le Lételet… On se ravitaillait au Sentier en Suisse, mais il fallait être de retour avant le lever du jour. Les paquets de 80 grammes (la charge pouvait aller jusqu'à 500 paquets pour chacun) étaient revendus à des particuliers sur place, mais aussi à des acquéreurs en gros venus de la région lyonnaise. Ce n'était pas tellement les prises qui intéressaient les douaniers, mais ils redoutaient avant tout que les contrebandiers ne profitent de leur passage pour " faire du renseignement ".
Une de ces expéditions nocturnes tourna au tragique. Empruntons-en le récit à " Châtelblanc au fil du siècle " :
" Au soir du 15 mars 1944, ils sont cinq à partir à skis, au-delà de la frontière voisine en passant par le Pré Poncet et la Jaicque. A l'aller, tout se passe bien, la glisse est bonne, les charges de tabac prêtes, les sacs garnis dans les temps impartis. Malheureusement, au retour, vers quatre heures du matin, au passage de la route de la Chenoz, le groupe est pris pour cible par un douanier allemand. Jean PERSONENI, 20 ans, atteint au genou par une balle explosive, est grièvement blessé. Alertés par les coups de feu, la famille GRIFFOND ouvre sa porte, le blessé est transporté à l'intérieur. Les secours sont longs à arriver. Le Docteur SALINS (de Mouthe) ne peut se déplacer qu'en traîneau et quand il arrive, il ne dispose pas de moyens suffisants pour sauver le blessé. Jean PERSONENI succombera quelques heures plus tard. Il s'en suivra beaucoup de formalités commandées par les Allemands, aussi inutiles qu'indécentes, très pénibles pour la famille déjà très éprouvée. Pendant ce temps, le reste du groupe : Jean BARILLOT, Henri LANGEL, Jean et Henri BOURGEOIS seront dirigés sur la prison de Besançon pour un séjour de six à huit semaines. C'est durant ce séjour que la mère d'Henri BOURGEOIS devait décéder. Après de difficiles négociations engagées par l'abbé BAUD, il eut une permission exceptionnelle pour assister à ses obsèques. "
Voici le même événement relaté dans le livre de Monique BOBILLIER et d'Albert DHOTE, "Résistance-libération - Pontarlier et Haut Doubs, Evocations II "(éditions Marque-Maillard, 1984) :
" (…) nous donnons la parole à Monsieur CLERC Henri, qui a noté à l'époque ce qui arriva :
"Le 17 mars 1944. Les jeunes s'en vont en Suisse à ski par un beau clair de lune chercher du tabac. Les Allemands les voient arriver depuis la ferme des Fourgs en haut de la Chenoz. Ils leur crient de stopper, mais les jeunes se sauvent. Les Allemands tirent et blessent mortellement Jean PERSONNENI. Les autres réussissent à se sauver et à rentrer à Châtelblanc. Les Allemands capturent PERSONNENI, mourant. Ils apprennent le nom des jeunes fuyards et arrivent au village. Le maire est sommé de trouver un traîneau pour emmener au Cernois : Henri LANGEL, Jean BARILLOT, Henri BOURGEOIS, Jean BOURGEOIS, qui partent, convoyés par deux Allemands. Ces quatre jeunes gens seront internés. Joseph SAUVONNET, du Cernois, descend le corps de Jean PERSONNENI, que GUYON-PICHON, de Mouthe, vient chercher à Chaux-Neuve pour l'emmener à Mouthe, tout cela sur ordre des Allemands. Le lendemain, nous allons chercher le corps à Mouthe pour l'emmener à la Vernouge. Mais le surlendemain, les Allemands reviennent chercher ce corps et je suis obligé de le ramener à Mouthe, puis d'attendre à la Vernouge. Le 20 mars, je retourne chercher le corps à la Vernouge pour l'enterrement. Pourquoi tout cela ? Personne ne l'a su. ".
Le maquis
Y eut-il ses mouvements de résistance sur la Commune ? Très peu, semble-t-il, avant l'été 44, et encore ! Le seul qui eut une certaine consistance était aux Entrecôtes, une vallée assez isolée, entre le Petit Pré et Arsure. Il avait été renforcé par des jeunes gens du village qui, réquisitionnés pour le S.T.O., avaient essayé d'y échapper en gagnant le Petit Pré notamment. Ce fut le cas d'Henri BESANCON et de Jean BOURGEOIS. Mais c'était pour eux plus un refuge qu'une entrée dans la résistance.
Des maquis d'autre régions, d'Ain-Jura notamment, venaient parfois au ravitaillement. Laissons la parole à Jean BOURGEOIS :
" C'était un maquis qui devait venir de l'Ain et qui avait pour première mission d'enlever des fromages dans la cave chez MICHAUD à Chaux-Neuve. C'est ce qu'il a fait avec le camion qu'il a emmené chargé de fromages. Mais le gazogène était bien trop chargé, il n'a pu monter la côte de Châtelblanc et les maquisards ont dû se délester au niveau de la maison VERMOT de onze ou douze pièces qu'ils ont balancées dans le talus ; et ces pièces ont roulé, dévalant la pente, jusqu'à la fontaine. Cela s'est passé dans la nuit, peu de jours avant l'attaque du poste de douane du Cernois. " Gageons que ces fromages n'ont pas été perdus pour tout le monde !
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- L’arrivée des Allemands à Châtelblanc
- La contrebande
- Le maquis
- L’attaque du poste de Douane du Cernois
- Léo Lutkie déporté
- L’embuscade de Combe des Cives
- Le 30 août 1944
- La libération
- P’pa prisonnier
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Sommaire “malheurs des temps”
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