Les malheurs des temps....
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LES EPIZOOTIES L'élevage des bovins pour la production de lait nécessaire à la fabrication de fromages était la base de l'économie dans nos montagnes. Nos "laboureurs" vivaient donc dans la hantise que ne survienne une épizootie qui décimerait leurs troupeaux. Essayons de voir, au travers de quelques exemples précis relatés dans des documents épars, comment cela se passait concrètement et quelles mesures étaient prises pour se préserver de la "maladie bouvine". Dans les chartes qu'ils avaient accordées aux habitants de la seigneurie du Chastelblanc, les seigneurs avaient autorisé au bourg deux FOIRES, une de printemps, le 6 mai et une d'automne, le 15 octobre. A une date indéterminée, elles furent ramenées au 4 mai et au 3 octobre. Une délibération du 1er février 1838 modifiera ces dates, sans que je sache si les nouvelles furent adoptées définitivement. En tout cas, en 1921, une seule foire subsiste, le 10 juin. Voici un extrait de cette délibération : "Considérant que les foires de cette commune qui étaient anciennement très renommées par les ventes qui y avaient lieu, notamment pour les bestiaux, et que, dès l'époque de leur changement de date qui a été peu convenable sous plusieurs rapports, elles ont progressivement diminué. Celle de printemps a été reportée au 4 mai, époque à laquelle le pays se trouve souvent encombré de neige, ce qui empêche la circulation des bestiaux. Celle de l'automne a été renvoyée au 3 octobre, la veille de celle de Foncine le Haut, nos plus près voisins." Le conseil se propose de changer les dates pour le 10 juin et le 15 septembre. Le 10 juin : "époque plus convenable pour la circulation et pour le commerce des bêtes à cornes, étant le moment où nos hautes montagnes doivent se garnir de bestiaux pour leur exploitation ". Le 15 septembre : " époque moyenne entre les foires les plus voisines, ce qui formera l'avantage d'y voir des bestiaux gras sortant des pâtures (...) et les habitants du pays pourront aussi y trouver de bonnes laitières pour l'exploitation de la vaine pâture ". Ces foires se tenaient au Roiselat ( en 1667 : Roisselet), devant la Petite Roche. Il y avait suffisamment de place, d'autant que le cimetière n'apparaîtra qu'en 1805. Dans cette partie haute du village il n'y avait, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle que l'église, seule construction à gauche du grand chemin. 15 octobre 1761 : C'est la foire d'automne au bourg. On a vu arriver la veille, dans l'après-midi, après "7 lieues sous une forte pluie", Charles Joseph COMPAGNY, lieutenant particulier du bailliage de Pontarlier, Nicolas MAILLOT, conseiller procureur du Roi du bailliage de Pontarlier, Luc Joseph DEMESMAY greffier et deux cavaliers de la Maréchaussée de Pontarlier. Pourquoi tout ce beau monde ? Ils ont ordre du procureur général du Parlement, en date du 8 octobre, " d'empêcher la tenue de la foire audit lieu afin d'éviter la communication du bétail rouge infecté qui se trouve dans un grand nombre de villages voisins avec celui du Chatelblanc qui est sain". Ce sont les habitants qui ont demandé l'interdiction. On a averti les communautés voisines que " les habitants desdits lieux n'aient à envoyer aucune pièce de bétail de quelque espèce que ce soit". Dès 7 heures du matin le 15 octobre, on fait placer les deux cavaliers ainsi que des gens de Châtelblanc "dans les différents endroits qui nous ont paru nécessaires, à l'indication de l'échevin du Chatelblanc, pour arrêter et empêcher l'entrée sur le territoire du Chatelblanc du bétail qui pourroit y être amené par désobéissance ou ignorance des ordres". Les deux commissaires, eux-mêmes, montent la garde. Cela ne va pas tout seul : nonobstant les efforts des gardes, " beaucoup de personnes conduisant du bétail rouge étoient parvenues jusque sur le territoire du Chatelblanc à la distance de cet endroit d'environ une demi-heure et séparé par une haute montagne, ce qui nous avoit engagés à nous y rendre et où, arrivés, nous avons remarqué que lesdits particuliers prétendoient tenir foire là, quoiqu'à portée de différentes granges et métairies du Chatelblanc et leur avons ordonné de se retirer incessamment, ce qu'ils ont enfin exécuté, et sommes restés dans ce lieu près d'une heure pour reconnoître s'ils ne contreviendroient point à nos ordres". Ils sont restés jusqu'à quatre heures de relevée, puis ont dressé le procès-verbal. Cela a coûté à la communauté 60 livres pour les commissaires et le greffier pour deux jours, "ayant fait étrennes à ladite communauté des droits pour la troisième journée que nous emploierons à notre retour". Merci quand même, messieurs! (archives communales de Châtelblanc). Tous les deux ou trois ans, on signale la maladie du bétail. Ainsi : à la foire du 6 mai 1768, on interdit d'amener du bétail à cause d'une maladie dans le val de Mièges ; en 1769, c'est le bétail d'Isidore OUDET et celui de Pierre Alexandre BOURGEOIS des Essarts qui "est attaqué de maladie contagieuse", on leur signifie de ne pas laisser leur bétail communiquer avec les voisins ; en 177O, il y eut deux foires d'automne, la première ayant été "récriée", présence de gardes ; en 1773, interdiction aux "Fonsseniers" d'amener du bétail contaminé à la foire du 15 octobre. Il serait fastidieux de continuer l'énumération. On se rend bien compte que la menace est constamment présente. Un exemple : narration détaillée de l’épizootie de 1778
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