Les malheurs des temps....
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Alors que le dernier Poilu de 14 vient de s'éteindre (printemps 2008) - je ne puis m'empêcher de penser à ceux qui ont eu le bonheur de rentrer, mais dans quel état !... Comme cela a été dur d'oublier l'enfer qu'ils avaient vécu, dur aussi de survivre à des blessures, aux gaz (comme Albert BOURGEOIS REPUBLIQUE)…
Je ne puis non plus m'empêcher d'avoir une pensée émue pour mon grand-père Evariste BOURGEOIS POTAGE qui contracta je ne sais quelle maladie dans les tranchées (ma grand-mère Denise fut appelée alors auprès de lui). Mais il put rentrer chez lui. Hélas ! pour peu de temps, puisqu'il mourut en janvier 1919. Des suites de cette maladie, je pense. Mais si son nom n'est pas gravé sur le monument, j'ai vu mention sur quelque papier que mon père Marcel était pupille de la Nation.
Hélas ! mille fois hélas ! ceux qui auraient pu me donner des précisions ont disparu depuis longtemps et il ne me reste - en dehors de son souvenir, que des questions …
Voici quelques précisions, glanées çà et là, concernant des Poilus revenus à Châtelblanc :
Louis BOURGEOIS PHILIPPET
On peut lire dans le " Journal de Pontarlier " du 2 mars 1935 : " Chatel Blanc. Nécrologie”.
C'est avec émotion que la population de notre commune vient d'accompagner à sa dernière demeure un des habitants aimé et respecté de tous. M. Louis BOURGEOIS PHILIPPET, ancien combattant et ancien prisonnier de guerre, avait dû comme la plupart de ses camarades de combat reprendre la vie civile complètement déprimé moralement et physiquement. Et malgré les années écoulées, il fallut peu de jours à la maladie pour avoir raison de sa volonté de vivre pour sa chère épouse et ses enfants. Excellent républicain, M. Louis BOURGEOIS PHILIPPET sera regretté de tous ceux qui le connurent. Devant sa tombe prématurément ouverte, M. Just BESANCON, président des Anciens combattants à prononcé un discours. "
Louis était fils de Paul Hermand BOURGEOIS PHILIPPET et de Marie Herminie PIDOUX. Il était de la classe 1908. Il fit son service au 44e d'Infanterie dont il sortit avec le grade de caporal. Il fit la guerre également dans l'infanterie et fut fait prisonnier à Soissons le 12 janvier 1915. Puis ce furent quatre ans de captivité, au camp de Cassel où il contracta le typhus. Il fut envoyé en camp de représailles du côté de la Russie car il avait refusé de charger des munitions. Il y resta six mois. Puis il fut interné au camp de Langensalza. Il rentra au pays très fatigué. Déclaré domicilié à Foncine le Haut au mariage, il épousa le 26 juin 1923, Henriette BLONDEAU, fille d'Adonis du Moulin Jannet. Adonis BLONDEAU avait acheté le Moulin Jannet (scierie) le 23 janvier 1885, lors de la licitation des biens de Paul BOURGEOIS REPUBLIQUE. Il épousa Marie Adèle BOURGEOIS qui mourut en janvier 1892, laissant 5 enfants, dont la petite Henriette alors âgée de 4 ans. En 1931, 1932, Louis est cultivateur au Moulin Jannet avec son épouse et deux filles : Marguerite et Henriette BOURGEOIS PHILIPPET. Le Moulin Jannet fut incendié par les Allemands le 30 août 1944, et les deux filles se retrouvèrent, je crois à Pontarlier.
Albert BOURGEOIS-REPUBLIQUE
Il fut appelé sous les drapeaux en septembre 1911 et il lui restait un mois à effectuer quand la guerre a éclaté. Il obtint plusieurs citations :
1) dans le " Journal de Pontarlier du 10 juin 1917 : " M. BOURGEOIS REPUBLIQUE Albert de Chatel Blanc, soldat au 112e d'infanterie, a été cité à l'ordre du régiment : " Soldat dévoué et courageux, toujours volontaire pour les missions dangereuses, les 21,22,23 et 24 mars 1917, s'est distingué dans une embuscade tendue à l'ennemi. "
2) dans le même journal, à la date du 28 octobre 1917 : Citation à l'ordre du régiment : " Agent de liaison du colonel, a assuré dans des conditions très dures la liaison entre le colonel et les bataillons, traversant les tirs de barrage et les zones soumises à des émissions de gaz par obus, pendant l'attaque du 20 août 1917 et les jours suivants. "
3) dans le même journal en date du 18 août 1918 : Citation à l'ordre du régiment : " Agent de liaison du colonel, a été très courageux aux combats du 9 au 13 juin 1918, a assuré avec un dévouement inlassable la liaison entre le colonel et le bataillon sous des feux très violents d'artillerie. "
4) dans le même journal, en date du 20 octobre 1918 : Citation à l'ordre du régiment : " Agent de liaison du chef de corps aux commandants d'unités. Pendant les combats d'août 1918 et notamment du 26 au 31, il est allé sans répit, jour et nuit, surmontant toutes fatigues et traversant tous terrains découverts, porter malgré les tirs d'artillerie et de mitrailleuses les ordres et renseignements. S'est acquitté de sa tâche avec un dévouement inlassable et magnifique. "
Et enfin - bien tardivement, ma foi ! - il fut fait chevalier de la Légion d'Honneur le 25 mai 1960. Il est décédé en 1975.
Joseph POUX
On peut lire dans le " Journal de Pontarlier " du 12 janvier 1919 : " POUX Joseph de Châtel Blanc, soldat au 407e d'infanterie, a été cité
1° à l'ordre du régiment : " Brave soldat qui a rempli ses fonctions de tireur sous un bombardement des plus violents. A contribué au sauvetage de sa pièce entourée par l'ennemi et pendant cinq jours a assuré le service de cette pièce avec le plus grand courage devant Verdun, fin juin 1916.
2° à l'ordre de la division : " Très bon chef de pièce, commandant une section pendant les journées de … 1918, a puissamment contribué à la défense d'une position sérieusement menacée. A pu, par son sang-froid, éviter l'encerclement et s'installer sur de nouvelles positions.
3° à l'ordre du régiment : " Excellent gradé qui en toutes circonstances fut pour ses hommes un modèle de courage et de dévouement. A vaillamment accompli son devoir au cours des combats de mai-juin 1918. Ce brave vient d'être nommé sergent" . Il est décédé en 1970.
Alfred PASTEUR
On peut lire dans le " Journal de Pontarlier " du 20 avril 1919 : " Alfred PASTEUR, adjudant au 53e d'infanterie a été cité à l'ordre de la division : " Chef de section très brave, exemple d'énergie et de calme. Le 2 novembre 1918, a par son allant et son entrain pris position sur une crête violemment battue par les mitrailleuses ennemies. A arrêté net deux contre-attaques ennemies et fait subir de lourdes pertes à l'adversaire ; pendant deux jours a maintenu très haut le moral de sa troupe malgré les bombardements les plus violents et les pertes les plus lourdes, l'a vigoureusement portée en avant quand l'ordre en fut donné. " Ce gradé a gagné successivement ses galons de sergent dans les combats d'Alsace en 1914 et ses galons d'adjudant à l'armée d'Orient et a mérité cette belle citation près de Vouziers (Ardennes).
Valentin BLONDEAU (APOLLINAIRE)
Dans le " Journal de Pontarlier du 14 janvier 1917 : "Valentin BLONDEAU, canonnier au 81e d'artillerie a été cité à l'ordre de l'artillerie lourde du corps d'armée : " Jeune téléphoniste, très dévoué et très consciencieux, le 31 octobre a assuré l'entretien des lignes dont il était chargé malgré le tir violent de l'ennemi. Blessé sérieusement en accomplissant cette mission. " Il est décédé en 1982. Suite
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