Les cahiers de doléances de 1789
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Texte du cahier de doléances de Châtelblanc Analyse des cahiers par J. RUEZ " Nous soussignés habitans de la communauté de Chatelblanc, penetrez de la plus vive et de la plus respectueuse reconnoissance envers le roy qui par sa bonté paternelle veut bien condescendre dans le détail des plaintes, miseres et doléances de ses fidels sujets des campagnes et qui pour cet effet ordonne qu'on les luy représente chacun en particulier afin d'y apporter les remèdes que sa tendresse paternelle luy suggèrera, scachant qu'autrement il n'en auroit jamais de connoissance, puisque jusquicy le tiers état n'a point eu d'accez auprès du trone, cest le haut clergé et la noblesse qui ont seuls ce bonheur et ce privilège dont ils ont toujours abusé pour opprimer le tiers état et tromper sa majesté, Mais graces soient rendües aux lumières extraordinaires de Monseigneur Neker qui a ouvert les yeux et ébranlé la tendresse paternelle de notre digne monarque, et ce présent jourd'huy vingt et un mars mil sept cent quatre vingt neuf, après avoir fait offrir le Saint sacrifice de la messe au tres haut pour luy demander sa bénédiction sur le roy et la famille royale et ensuitte du son de la cloche a la manière ordinaire au lieu accoutumé, nous sommes assemblés pour procéder à l'exposé cy après qui est, 1° Que nous habitons un climat des plus ingrats et des plus stériles du royaume, qui ne produit que de l'avoine et quelque peu d'orge, qui le plus souvent périssent par la gelée et par les neiges abondantes qui sont encore actuellement a la hauteur de sept a huit pieds; ce produit ne suffit pas a beaucoup près pour nourrir la moitié des habitans, on est donc contraint de tirer des graines de lintérieur du royaume, qui reviennent a un prix exorbitant a cause des chemins scabreux, difficiles et très dangereux et des détours de cinq a six lieues; 2° Que la marque du cuir est une charge bien onéreuse puisqu'elle coute trois sols par livres pesant, qui, cependant n'entre point ou presque point dans les finances du roy mais qui reste dans les mains de ceux qui la perçoivent. 3° Que s'il est avantageux pour l'état, nous souhaiterions un libre commerce avec la Suisse qui nous est limitrophe. 4° Que nous tendons les bras vers notre cher monarque, dans la ferme confiance que le clergé et la noblesse nous aiderons a porter le poids des impots en payant a proportion de leurs revenus, retranchant par la l'abondance dans laquelle ils nagent pour soulager la misère ou nous gémissons. 5° Que nous n'avons que le plus mauvais sel de la province et a un prix excessif parce que le produit des salines est absorbé par les appointemens des régisseurs et des commis et par les privilégiés de la province qui l'ont gratis. 6° Que nous avons trois églises et autant de presbytères a entretenir sçavoir a Mouthe et Chaux-Neuve dont on nous fait dépendre malgré nos réclamations et la notre propre que nous entretenons sans laide de personne. 7° Que la dime que les spasteurs perçoivent sur les peuples des campagnes leur est très onéreuse d'autant plus qu'ils payent la dime aux seigneurs décimateurs avec les fournages sans qu'ils fournissent le bois ny fourg. Quant a beaucoup d'autres chefs dont nous n'avons point parlez, nous référons et adhérons au contenu du cahier de Chaux neuve nos coparoissiens. Au surplus, pour le bien général de l'état et le soutien du trone, nous sommes fermement disposés a faire toutes sortes de sacrifices, pourvu que les deux premiers états ne spoient privilégiés en rien, au préjudice du tiers état; Fait les an jour et mois susdits et ont signez ceux qui l'ont seu faire après lecture. le cahier de Châtelblanc est destiné à compléter celui de Chaux-Neuve, voici ce document tel qu'il m'est parvenu SIGNATURES." (photographie de ces signatures) Les députés de Châtelblanc
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