Les malheurs des temps....
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La Seconde guerre mondiale (suite) Les tragiques événements du 30 août 1944 " Les jours précédents - nous disent Mme BOBILLIER et M. DHOTE dans leur livre " Résistance - Libération … "(R-L) (op.cit) auquel j'emprunte quelques extraits du chapitre traitant de ces funestes événements - les Allemands ont eu un accrochage avec les FFI dans le Jura. Ils ont martyrisé et tué un lieutenant et deux maquisards. Des éléments du Groupement Frontière, commandés par le capitaine DUCHENE (actuellement général (CR) FILARDER), un officier d'active, se sont rassemblés, étant décidés à accrocher les Allemands en représailles. Ils préparent un barrage à la Renardière (photo) et s'installent sur les rochers qui dominent la route, pensant anéantir les convois de passage. "Il s'agit de la "grand' route" qui va de Châtelblanc à Foncine le Haut, peu avant la limite Doubs-Jura. " Le lundi 27 août - peut-on lire dans " Châtelblanc au fil du siècle ", pages 82 et 83, dans lequel je relève également quelques extraits afin de croiser les renseignements des deux textes de référence et de donner un récit plus approfondi de cette terrible journée - on apprend que les FFI ont abattu des arbres sur la route de la Renardière pour faire barrage. Une partie importante de la population, voyant le danger, décide de quitter le village pour se réfugier dans les fermes (la Combette, la Vernouge, les Cabouilles). " Le 30 août, en début d'après-midi, un important convoi d'Allemands, venant de Chaux-neuve, arrive au bas du village. Viennent-ils de la garnison de Mouthe comme ceux qui le même jour et à peu près au même moment, progressent le long de Combe des Cives ? Ou, comme le laissent entendre BOBILLIER et DHOTE, est-ce un détachement des cosaques Vlassov de Pontarlier (" cette horde soldatesque fut celle qui partit en expédition punitive à Saint-Claude, Châtelblanc, Saint-Gorgon, La Planée") ? De toute façon, ces derniers devaient être encadrés par des Allemands ! Le convoi stoppe au bas du village (côté Chaux-neuve), les hommes en descendent, “partent à pied, fouillant toutes les maisons au passage" (R-L). Ainsi donc, comme dans l'affaire de Combe des Cives, les Allemands savaient que des maquisards (des " terroristes ") les attendaient. Et ils savaient que l'embuscade était à la Renardière, puisque " au lieu de s'engager sur la route en direction du barrage, ils le prennent en tenaille par Chaux-Choulet et par la Combe ". (R-L). Parallèlement, ils installent une pièce d'artillerie entre l'église et la scierie de Joseph POUX, au "Petit Chalet" ( Ce lieu-dit tire son nom d'une bicoque en bois, façon chalet de montagne, mais de dimensions fort réduites, que le " maire rouge " Georges BLONDEAU (1904-1908) y avait fait construire sur les quelques mètres carrés que la commune lui avait concédés pour pouvoir, puisqu'il était ainsi devenu propriétaire à Châtelblanc, être éligible). "DUCHENE, l'aspirant NIVEL et le lieutenant SEVERANNE, qui font une reconnaissance en direction du village, aperçoivent les Allemands " (R-L). DUCHENE ordonne le repli. Les maquisards courent vers un abri, en direction de Vers chez Landry et du Rocheret. Les Allemands les prennent en chasse, tirant au canon et avec leurs armes automatiques. Le Moulin Jannet, les deux fermes de Vers chez Landry, d'autres sur Foncine, sont incendiées. Arrivés dans leur chasse "au Rocheret, les Allemands n'y découvrant aucun FFI, sont fous de rage. Ils se saisissent de Louis MONNIER, le jettent dans l'incendie de sa maison, appellent M. DOUDIER, le tuent sur le pas de sa porte et mettent le feu à sa maison, puis ils remontent vers Châtelblanc. " (R-L) Dans une relation de l'abbé MONNERET, curé de Foncine le Haut, citée par le père DOUDIER (" Foncine-le-Haut ", 1983, pages 99 à 101), on peut lire le bilan du passage des Allemands ce jour-là sur Foncine : "Au hameau des DOUDIER, 2 fermes ont été la proie des flammes avec le mobilier, le matériel agricole, le bétail et les récoltes engrangées. Au hameau du Rocheret, même sort pour 5 fermes ou maisons. Les autres maisons de ces hameaux ont été pillées et les habitants molestés. Voici la liste des victimes du 30 août 1944 : DOUDIER Louis, 45 ans, tué devant sa maison ; MONNIER-BENOIT Louis, 54 ans, tué dans sa maison ; GAUGIER Jacques, 17 ans, décédé le 2 septembre, suite de ses blessures (il se trouvait dans un camion de soldats allemands qui fut mitraillé par les Français); JACQUET Marthe, 66 ans, décédée le 15 septembre, suite de ses blessures. " Les Allemands renoncent donc à pénétrer plus avant sur Foncine, font demi-tour, et regagnent Châtelblanc par la route de Chaux-Choulet. Ils arrivent dans ce hameau (photo). "Dans une des maisons - " Châtelblanc au fil du siècle " - ils trouvent Léon BESANCON, sa femme et Marcel MAHIEU, un petit Parisien venu comme berger. Dans l'autre, Joseph GRIFFOND, le jeune Marcel CHANUSSOT arrivé la veille pour se cacher dans la ferme. Léon BESANCON est resté sur place pour soigner ses bêtes, Joseph GRIFFOND de même, s'est réfugié chez lui. Ils sont sommés de sortir de la ferme. Léon BESANCON, fusillé à bout portant, sera retrouvé à genoux sur le petit chemin conduisant à la route. Les corps des deux autres (GRIFFOND et CHANUSSOT) gisaient sur la route portant des traces de torture. Germaine BESANCON a été épargnée, ainsi que Marcel.Marguerite et Charlotte, venues de leur maison incendiée du Moulin Jannet, Léontine BESANCON (maîtresse d'école et belle-sœur de Léon), Marie BLONDEAU (femme de Valentin) iront au péril de leur vie soutenir Germaine (épouse de Léon BESANCON) et la retrouveront, hébétée, près de la ferme. Ensemble, elles décideront de partir en direction de Foncine. Ces personnes, si courageuses, eurent encore à essuyer le feu d'une mitrailleuse allemande au bois du Puits (Petit berger, je gardais nos vaches, un an après les événements, dans un champ de Chaux-Choulet, et je découvris un jour un énormes tas de douilles, témoignage des tirs dirigés sur les femmes. La mitrailleuse était au bord droit de la route, juste à l'entrée du bois du Puits). Elles s'en sortirent en rampant. A l'entrée du village de Foncine, elles butèrent sur les FFI braquant leur arme dans leur direction. Elles avancèrent en criant " ne tirez pas, femmes, femmes ". Elles purent passer et trouver un réconfort dans une famille de Foncine. " Leur horrible forfait achevé, les Allemands poursuivent leur route vers Châtelblanc. Arrivés au Tartet, ils entrèrent chez Léon POUX pour une fouille rapide au rez-de-chaussée, proférant des menaces. C'est à ce moment précis que Pierre BOURGEOIS (BOURGEOIS-JACQUET) arrive par le chemin de la Cabouille, portant sur son dos un morbier d'un jour à mettre à la cave avec l'intention de reprendre un fromage affiné, pour les besoins des gens réfugiés à la Cabouille. Agé de 24 ans, il est considéré comme "terroriste". Aussitôt il est emmené sur la route en direction de Chaux neuve et abattu à cent mètres de la maison. A ce moment, des rafales tirées en direction de la Cabouille (peut-être depuis une batterie installée sur la Roche. La Cabouille ainsi que la Combette sont des fermes bien visibles depuis la Roche, contrairement à la Vernouge par exemple, bien cachée dans la forêt) incitent les réfugiés à partir vers Arsure. Les troupes se sont repliées, le calme retombe sur le village, le vent apporte la fumée des maisons incendiées. Où qu'ils se trouvent, les habitants sont terrorisés. A la tombée de la nuit, Léon POUX et Sœur Albertine BOURGEOIS montent à la Cabouille prévenir de l'arrestation de Pierre. Ils n'en savent pas davantage. Le 31 août, c'est toujours une très vive inquiétude, personne n'ose bouger jusqu'au soir où Just BLONDEAU se rend à Chaux neuve pour chercher du pain. Il découvrira le corps de Pierre, mais ne dira rien. Vendredi 1er septembre, Jean BOURGEOIS et sa maman décident, malgré les risques, de tenter d'en savoir plus. Ils prennent alors la direction du village, Léon POUX leur apprend alors la triste vérité. Il a plu toute la nuit, le corps est allongé dans le fossé, les vêtements trempés et les poches retournées. Le corps est alors emporté à la maison toute proche en attendant l'inhumation qui se fera le samedi 2 septembre, sans cérémonie. Regroupés sur une voiture à foin, les cercueils des quatre victimes furent emmenés dans une fosse commune. Il n'y avait qu'une dizaine de personnes pour les accompagner, 48 heures avant la libération du village. " ("Châtelblanc au fil du siècle"). Photographies Précisions apportées par BOBILLIER-DHOTE : " Ils attendent Pierre BOURGEOIS-JACQUET, lui prennent son morbier, l'emmènent à 50 mètres de sa ferme et lui tirent une balle dans la tête. Ils jettent la clef de sa maison dans le champ de M. CLERC, qui la retrouve peu de temps plus tard en fauchant son regain(…) ". C'est Marie BLONDEAU, la femme de Valentin, qui alla à Mouthe demander l'autorisation d'enterrer les morts.
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