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L”incendie de la Combille en 1876
Le 12 octobre 1876, les maisons de la Combille étaient la proie d'un incendie gigantesque. (Rappelons que la Combille s'étend de la croix à la maison "chez Valentin" incluse).
Quelle en fut l'origine ? Je l'ignore. On m'a dit une fois que c'était une femme qui cuisinait et qui n'avait pu maîtriser son feu. Cela se passa dans la journée puisque Joseph et Adèle BOURGEOIS-POTAGE, mes arrière-grands-parents étaient au champ. "Une tante gardait Justine leur fille au berceau, le petit Henri avait quatre ans. Pendant le feu, il a pris ses habits du dimanche et s'est sauvé".
Le 14 octobre, le conseil municipal, avec à sa tête le nouveau maire, Donat JANNIN élu depuis le 3 seulement, prenait une délibération :
" Le maire et les membres du conseil ont l'honneur d'exposer à l'autorité supérieure la triste situation où se trouve une partie des habitants du village de Châtelblanc occasionnée par l'incendie du 12 octobre.
Onze corps de bâtiments, 21 ménages ont été la proie des flammes, le tout ne formait qu'un immense brasier alimenté par un fort vent sud-ouest.
La construction de ces maisons couvertes de bois n'ayant entr'elles aucun pignon de séparation, cause de la rapidité avec laquelle s'est propagé l'incendie.
Un grand nombre des incendiés n'ont pu sauver de meubles, la majeure partie étaient absents et s'occupaient des travaux de la campagne.
Les progrès de l'incendie ont été tellement rapides que les ménages n'ont pu sauver le peu d'argent qu'ils possédaient. La plupart des incendiés jouissaient d'une aisance médiocre. Ils ne peuvent s'occuper des travaux de l'agriculture que pendant cinq mois de l'année. Le reste, ils s'occupent en hiver d'industrie à la fabrication en quantité de caisses d'emballage de toutes sortes, cabines d'horloges, fabrication de seilles, enfin tous les ustensiles où le bois est employé, fabrication de tonneaux, des boîtes d'allumettes en fer blanc... Tous les outils et machines et une grande partie des matériaux propres à ces divers genres d'industrie ont été la proie des flammes. Car à l'approche de l'hiver, toutes les provisions étaient faites, les récoltes pour l'hivernage du bétail, tout cela réduit en cendres. Impossible de leur venir en aide sur les ressources de la commune. Le conseil remercie bien sincèrement le ministre de son premier secours de 400 francs tout en conservant l'espoir qu'il voudra bien de nouveau s'occuper de nos incendiés et leur procurer le moyen de travailler pendant la mauvaise saison."
Il apparaît donc que sur la Combille se trouvaient 9 maisons (dont deux remises) formant 11 corps de bâtiments, et logeant 21 ménages. Toutes accolées (sauf les deux remises), elles s'étendaient jusque sur l'emplacement de la maison dite "chez Valentin". Il est vraisemblable qu'il y avait ensuite un espace libre, comme aujourd'hui, entre cette dernière maison et celle de "chez Marcel" qui date aussi du milieu du XVIIIe siècle.
Les deux extrémités de cette chaîne de maisons appartenaient à des BOURGEOIS-POTAGE. Vieilles maisons, couvertes de bois et où il était possible de passer aisément d'un grenier à l'autre. Greniers remplis de foin (nous sommes en octobre). On peut penser à quelle vitesse le feu, attisé par un fort vent, se propagea d'une maison à l'autre! (description de la maison de mes ancêtres BOURGEOIS POTAGE)
Il est difficile de dire avec précision qui fut incendié car le recensement de 1876, qui aurait été fort précieux, manque. Nous avons celui de 1872 (détail), mais on est loin de retrouver les 21 ménages.
Quant au recensement de 1881, il indique que les maisons ont été reconstruites, sauf une qui était située sur l'espace vide entre "chez l'Albert" et "chez Valentin".
Que sont devenus les incendiés entre l'incendie et 1881 ? Ils furent, dans la mesure du possible, accueillis chez la parenté, dans des fermes. Ainsi on retrouva des BOURGEOIS-POTAGE aux Combettes. Mon arrière-grand-père Joseph et sa famille se réfugièrent Derrière la Roche, ferme louée par (ou propriété de) Just BLONDEAU-PATISSIER son beau-père. C'est là que naîtra l'année suivante mon grand-père Evariste. Mais il fallait faire vivre la famille. "En attendant la reconstruction - m'a dit un ancien du village - Joseph, homme sévère, est parti travailler chez un cousin, à Paris. Il envoyait l'argent."
Dans les années 1880-1890, la municipalité décide er réalise la construction du réservoir (le grand réservoir actuel). La décision est prise le 15 août 1882 : "Pour arriver à avoir une quantité d'eau suffisante, il est important de faire un réservoir ou château d'eau en sus de la côte qui domine le village. Ce château d'eau sera alimenté par les sources qui arrivent à la fontaine (...)". Coût de la construction : 6.331,86F. En novembre 1885, le réservoir est construit.
Le 26 mai 1895, on se propose de faire à la place de l'ancienne école des filles un bâtiment servant à la remise de la pompe. En mai 1899, cette remise est terminée.
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