L'incendie de 1759 Dans la nuit du 22 au 23 mai 1759, " le feu prit avec tant de violence au village de Chatelblanc qu'il réduisit en cendres en moins de quatre heures l'église dudit lieu, la maison presbitérale et neuf autres maisons spacieuses habitées par 16 ménages desquelles maisons les propriétaires ni aucun de ceux qui les habitaient ne purent enlever aucun de leurs meubles et effets ce qui les a tous réduits dans une misère si affreuse qu'ils se voyent nécessités de recourir à la charité, non seulement des gens de ce pays mais encore des étrangers leurs bons voisins et d'envoyer un député chez eux y chercher quelque secours (...) ". Ainsi s'exprimait Jean Baptiste FAUCHE, écuyer, seigneur d'Athose, subdélégué de l'intendant de Franche-Comté au bailliage de Pontarlier, le 5 septembre suivant. Sa famille était originaire de notre seigneurie et son père, Louis BLONDEAU COULET avait été notaire sur Chapelle des Bois. Il poursuivait : " c'est pourquoi nous prions tous ceux auxquels ce député porteur des présentes se présentera, de lui prêter aide autant qu'ils le pourront et que leur charité pour les pauvres le leur permettra, le recommandant spécialement aux seigneurs et conseils des illustres puissantes et souveraines républiques de Berne et de Fribourg et aux seigneurs gouverneurs et conseillers du Conseil d'Etat de Neufchatel et Valongin les suppliant de permettre à ce député de quêter dans leurs états et souverainetés ou d'ordonner des quêtes en sa faveur et des autres incendiés par lesquels il est enoyé, promettant d'user de réciproque en cas pareil, fait et donné en notre hostel audit Pontarlier le 5 septembre 1759, ayant apposé au présent le cachet de nos armes pour plus de validité" (archives communales de Châtelblanc). Son appel à la générosité de nos "bons voisins" les Suisses semble n'avoir eu que peu de succès, ainsi qu'en témoignent ces quelques lignes ajoutées au bas de la lettre de recommandation ci-dessus : " J'ai fait une charité au nom de LL.II à Pierre Alexis JANNIN porteur de la présenter (lequel JANNIN, assisté d'un truchement (interprète) avouera 63 livres 7 sols 6 deniers de frais pour ce voyage), en lui défendant de quêter dans notre pays et en lui ordonnant de retourner chez lui en droiture sous peine d'être arrêté et châtié. Donné à Berne le 25 septembre 1759. Signé (illisible), Ancien banneret chargé des sceaux de l'Etat pour le présent." Il est à espérer que le Subdélégué, au nom de l'Intendant de la Province, ainsi que les communautés voisines purent apporter des secours aux familles sinistrées, dont les noms nous sont d'ailleurs parvenus : Le sieur châtelain BLONDEAU (c'est le notaire Pierre Alexandre BLONDEAU) Pierre Alexis BLONDEAU François Augustin BOURGEOIS Alexandre Louis BOURGEOIS Pierre Alexandre BOURGEOIS le jeune M.BLONDEAU gruyer (de Pontarlier) M. BLONDEAU chapelain Jean Baptiste POUX et ses frères Pierre Alexandre BOURGEOIS l'aîné Veuve et héritiers Alexandre POUX-BENOIT Veuve et héritiers Charles POUX GUILLAUME "et 6 autres ménages incendiés, pauvres gens qui ont quitté l'endroit". Le 27 mai suivant, Philippe Ambroise BLONDEAU de Pontarlier se résolvait à vendre le chasal qui restait, après l'incendie, de la partie de maison qu'il s'était réservée lors de la vente du presbytère. Il vendit le tout, avec clos et jardins, à Alexis BOURGEOIS dit DESSUS pour 640 livres. Alexis BLONDEAU, le chapelain desservant, survécut de peu à l'incendie puisqu'il s'éteignit quelques jours plus tard, le 2 juin 1759 à l'âge de 70 ans. L'église et la sacristie fut aussitôt restaurée. Le presbytère, lui, ne fut rétabli qu'en 1765-1767. Mais un nouvel incendie, dont nous ignorons aussi l'importance, éclata le 14 mai 1775. Nous savons que l'église et le presbytère furent à nouveau touchés, mais dans quelle mesure ? La chapelle fut encore une fois vite restaurée. La cloche avait-elle fondu ? Est-ce à cette occasion qu'on fit fondre à Pontarlier la cloche dont nous parle l'abbé JACQUIN dans "L'Echo paroissial" d'avril 1931, donnant une traduction de l'inscription en latin qui y est gravée ? : " Je m'appelle Marie Joseph. Mes parrain et marraine sont : Jean Joseph BROCARD tabellion et Marie Célestine FAUCONNET. Je suis devenue épouse de Pierre Alexandre BLONDEAU, notaire et juge de ce lieu l'an 1776, afin que, au nom de NSJC, de sa mère et du Bienheureux Alexandre martyr, j'appelle les fidèles au culte de Dieu, je repousse les tempêtes, les éclairs, les feux malfaisants et tous les mauvais éléments. Ainsi soit-il." Outre le crucifix, la cloche porte gravées les images de la Sainte Vierge, de Saint Pierre et de Saint Alexandre. La date de 1776 me fait pencher pour cette solution. Le presbytère sera rétabli, en partie seulement, en 1780, mais il sera pratiquement à l'état de ruine au moment de la Révolution.
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