Les malheurs des temps....
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La guerre de 1870-1871 L’occupation prussienne de 1871: Les Prussiens occupèrent la région du 1er février au début du mois de mai 1871, et ensuite une quinzaine de jours en septembre. Si nous possédons une excellente relation de ce qui se passa alors à Pontarlier, grâce au récit circonstancié d'Antoine PATEL, en revanche les documents sont rares concernant notre village. On sait toutefois que six chevaux furent réquisitionnés par les Prussiens, avec leurs conducteurs, lesquels furent forcés de les abandonner "par suite des mauvais traitements qu'on leur faisait subir". Il s'agissait de conduire du matériel de guerre dont l'ennemi s'était emparé au préjudice de l'armée française. Un septième cheval avait été requis pour conduire plusieurs officiers français à St Laurent mais, au retour, il fut pris par les Prussiens et son conducteur retenu prisonnier, mais ce dernier réussit à s'échapper après quelques heures de captivité. Une commission départementale alloua, par la suite, une somme de 695F comme indemnité aux propriétaires des chevaux. "Désirant faire face à une dépense équitable et justement due", le conseil municipal fixa, en août 1872, le prix de ces animaux et vota une somme de 2.225F qui, jointe à l'indemnité de 695F, fut répartie comme suit : BOURGEOIS le QUART : 500F. Il s'agit de François Xavier BOURGEOIS-POTAGE, dit Quart de balle, qui était propriétaire de la dernière maison sur la Combille du côté de bise. Emélie Veuve BLONDEAU-TOINY : 400F. BOURGEOIS POTAGE Paul : 400F. BOURGEOIS-PHILIPPET Léon : 500F. BOURGEOIS Claude Ferréol : 280F. Un BOURGEOIS-REPUBLIQUE, fabricant de caisses, qui habitait "chez l'Alexandre". BOURGEOIS-ARMURIER Alexandre : 360F. JANNIN Donat : 480F. Une note du 5 mai 1871 signale que les Prussiens ont aussi chapardé : un paletot et 4 chemises : 35F. Tabac, pipes et épicerie : 60F. Cuir et outils de cordonnier : 250F. Vin et liqueurs : 16F. Une montre en argent : 18F. 4 ruches d'abeilles furent détruites : 60F. On comte aussi 380F de nourriture fournie pendant l'occupation, cela en marge de réquisitions diverses, telles que viande, fourrage... On sait aussi que pour faire face à la demande de l'occupant, en août, qui exigeait une somme de 25F par habitant, à payer dans les quatre jours, "afin d'éviter tout malheur pouvant être causé par nos ennemis, la commune fit son possible afin de se procurer la somme demandée. Vu l'impossibilité de recouvrer ladite somme dans la commune, celle-ci délégua Joseph BOURGEOIS-JACQUET, ancien maire (élu le 5 juin précédent, il avait démissionné et avait été remplacé le 1er juillet par Charles-Joseph GRIFFOND) auprès d'une banque de Morez pour un emprunt". La commune comptait alors environ 500 habitants, et un instituteur avait un traitement annuel de 800F, l'institutrice n'en percevant, elle, que 600F. La terrible épidémie de variole de 1871 : Les victimes à Châtelblanc Le 28 mars 1800, on avait vacciné contre la variole, à Rochefort, le premier Français. Huit ans plus tard, ce sont 2,5 millions de Français qui avaient été vaccinés. On pouvait donc penser qu'on serait désormais à l'abri de toute épidémie. Mais la maladie, qu'on croyait vaincue à jamais, réapparut, faisant fi de la vaccination. L'épidémie culmina pendant l'hiver 1870 et le printemps 1871, propagée par l'invasion prussienne qui pourchassait les régiments français en retraite. On estime à 500.000 le nombre total des décès provoqués par la variole en 1870-1871. LA VARIOLE (tiré du livre de Jean-Louis CLADE : "Médecins, médecines et superstitions dans la Franche-Comté d'autrefois" (HORVATH 1992). "La variole ou petite vérole resta une cause importante de mortalité jusqu'au début du XIXe siècle et elle frappait tous les milieux sociaux, les riches comme les pauvres. Il y avait plusieurs sortes de variole aux conséquences plus ou moins dramatiques. Les deux plus courantes étaient : Les remèdes La variole discrète : Après une période d'incubation d'une quinzaine de jours succède une phase d'invasion de quatre jours qui se manifeste par divers symptômes : accélération du pouls, fièvre et frissons, sueur, irritation des voies gastriques et blocage des voies urinaires... L'éruption débute en bordure des lèvres, gagne ensuite le visage, puis se répand sur tout le corps à l'exception de la plante des pieds. Les boutons, qui ressemblent au départ à des piqûres de puce, grossissent, s'emplissent d'une sérosité incolore, blanchissent, prennent une couleur argentée avec, autour, une auréole rougeâtre. Au bout d'une huitaine de jours, le liquide devient purulent et la peau se tuméfie. Les pustules suppurent alors, dégageant une odeur pestilentielle, tandis que le malade connaît un nouvel accès de fièvre : la mort peut parfois survenir. Environ quinze jours plus tard, commence la dessication : le malade est sauvé. La variole confluente : La crise est identique à celle évoquée précédemment mais elle évolue dans l'anarchie. La phase d'invasion est accompagnée de diarrhée et d'urines sanguinolentes avec en alternance des périodes d'assoupissements et de convulsions. L'éruption débute plus tôt et les boutons, plus nombreux, se rejoignent ("confluent"). Les voies respiratoires sont atteintes et le malade risque la mort par asphyxie ou par inflammation des centres nerveux. La suppuration se poursuit même en période de dessication avec apparition de nouvelles pustules. La moitié, voire les deux tiers des malades atteints de petite vérole confluente décèdent. A ces deux cas, les plus courants, s'ajoutent les varioles hémorragiques pourprées, verruqueuses, cristallines... avec plus ou moins de complications, ce qui, après guérison, laissait de graves séquelles. Et puis, il y avait, surtout pour les femmes, la beauté irrémédiablement perdue : visge grêlé, défiguré qui rappelait à chacun l'omniprésence du fléau.
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