Les malheurs des temps....
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La guerre de 1870-1871
La guerre de 1870 à Châtelblanc : L’occupation de 1871
Mon grand-oncle Henri BOURGEOIS, futur gendarme, naquit le 31 janvier 1871, à cinq heures du matin sur la Combille. Vu les circonstances, il ne sera baptisé que le 12 février.
Les circonstances ? Le 31 janvier, traversant le village, les troupes françaises battaient en retraite, poursuivies par les Prussiens qu'on savait aux environs de Foncine le Bas. Epoque terrible, sur laquelle je m'arrête un instant, donnant quelques détails glanés ici et là, concernant ces événements qui durent impressionner fortement nos anciens.
NAPOLEON III au pouvoir depuis près de vingt ans, déclare la guerre à la Prusse le 15 juillet 1870. Cerné à Sedan avec son armée, l'empereur capitule le 2 septembre. Deux jours plus tard, la IIIe République est proclamée, qui décide de poursuivre la lutte contre les Prussiens, avec des armées de fortune dont une nous intéresse ici : l'armée de l'EST, commandée par le général BOURBAKI. Malheureusement, cette dernière ne tarde pas à être obligée de reculer; nous sommes en plein hiver et les conditions climatiques sont épouvantables.
Dans sa retraite, pourchassée par les troupes ennemies, l'armée BOURBAKI (commandée maintenant, depuis le suicide de Bourbaki, par le général CLINCHANT) atteint Pontarlier et, grâce à un accord avec les autorités suisses, franchit en grande partie la frontière aux Verrières le 1er février 1871. Son passage fut favorisé par l'héroïque résistance de l'arrière-garde soutenue par les forts de Joux et du Larmont; la bataille du tournant de La Cluse, ce même 1er février, se solda par plusieurs centaines de victimes de part et d'autre. Toutefois, une partie de l'armée en fuite prit la route de Mouthe afin de trouver refuge dans le Jura ou l'Ain, espérant ainsi échapper aux troupes de MANTEUFFEL qui la talonnaient. L'itinéraire prévu passait par Foncine, mais les Prussiens les gagnèrent de vitesse. Il ne restait qu'une solution aux Français : revenir de Foncine le Haut, traverser notre village et s'engager à Chaux-Neuve sur la route de Chapelle des Bois, pour gagner soit l'Ain, soit au pire la Suisse.
Nous avons le récit détaillé de cette terrible nuit du 31 janvier, (rapport sur ces opérations rédigé par le capitaine d’artillerie CAMPS en 1876).
Victimes de la guerre de 1870
BOURGEOIS-PHILIPPET Lucien : "Tué le 16 août 1870 à Gravelotte d'une balle en plein front. Il était sous-lieutenant au 100e de ligne. Il faisait partie de la classe 1848. Il faisait une carrière militaire. Par son travail et sa persévérance, il était arrivé à obtenir l'épaulette de sous-lieutenant. Il avait fait la campagne d'Italie et celle de Crimée en 1859. Il avait reçu les médailles commémoratives de ces deux campagnes. On peut dire qu'il a été le fils de ses oeuvres. Ses parents, ses compatriotes doivent être fiers de lui. Honorons sa mémoire. Ses restes reposent dans la crypte de l'église de Mars-la-Tour où sont réunis les ossements de ceux qui ont été tués sur le champ de bataille de Gravelotte. Son nom est inscrit dans cette même église avec les noms de tous ceux qui sont morts au cours de cette bataille, le 16 août 1870." (commentaire retrouvé).
Il était né le 18 juin 1827, dernier enfant de Pierre Célestin cultivateur aux Serments où il est mort le 24 juin 1863. Lucien avait 7 frères et soeurs, dont gustave, lui aussi cultivateur aux Serments et aux Pâquiers, mort le 8 octobre 1903 et qui eut de la descendance.
BOURGEOIS-POTAGE Jonas : " que nous avons l'honneur de voir au milieu de nous (il doit s'agir ici d'une réunion commémorative tenue à Châtelblanc quelques années après la guerre), est aussi une des victimes de la guerre; il a arrosé de son sang le sol de la Patrie. Jeune soldat de la classe 1858, il avait été appelé qu service militaire et incorporé au 13e régiment d'artillerie où il a servi pendant sept ans. Son service militaire terminé, il était rentré sous le toit paternel avec la satisfaction du devoir accompli. Il était loin de penser qu'il serait obligé d'endosser à nouveau l'habit militaire lorsque sont survenus les événements de 1870 ainsi que nos premiers revers. La France a eu besoin alors de tous ses enfants valides. Appel qui a été entendu de chacun. M. BOURGEOIS a quitté, à nouveau, et sans murmure, le toit paternel et est allé retrouver, au 13e régiment d'artillerie la plupart de ses anciens camarades. Quelques jours plus tard, il fut désigné pour le 22e de la même arme et dirigé sur Paris. Là, il y a fait son devoir et le 30 novembre 1870 au combat de Champigny, un éclat d'obus lui fracassait l'avant-bras gauche au point de nécessiter l'amputation. Il reçut alors la récompense des braves : la médaille militaire, sur laquelle on lit cette inscription : "Valeur et discipline" et qui n'est décernée qu'aux sous-officiers et soldats et aux généraux ayant commandé en chef devant l'ennemi et déjà décorés Grand-crois de la Légion d'Honneur. La guerre terminée, il est revenu humblement dans ses foyers où il jouit de sa modique pension bien méritée. Il est toujours au milieu de vous, il représente le dévouement à la Patrie, en même temps qu'il sert d'exemple à la jeune génération. Recevez, M. BOURGEOIS, nos hommages et que Dieu vous conserve longtemps à l'affection des vôtres et à l'estime de vos concitoyens."
Jonas était né le 13 février 1838, fils de François-Xavier BOURGEOIS-POTAGE des Serments. Il mourut le 16 février 1909, célibataire, aux Serments, après avoir recueilli ses neveux CORNIER orphelins. Il était l'oncle de ce Justin qui mourut dans des circonstances étranges et dont on retrouva le crâne au bas de la Roche en 1908. (lien avec "La grotte à Justin"). Suite
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