Les malheurs des temps....
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La guerre
Soldats de Châtelblanc pendant la Révolution et l’Empire (suite)
L'occupation autrichienne en 1814 : L’occupation suisse en 1815
Fin 1813, les armées d'Europe coalisées ramenèrent les troupes napoléoniennes sur le territoire français : la conquête de la Russie, entreprise par l'empereur, s'achevait ainsi, pitoyablement. La conséquence en fut, pour notre région, une occupation par les Autrichiens, qui s'étendit de fin décembre 1813 à juin 1814, soit six mois. Le gouverneur général de la Franche-Comté occupée fut, pour cette période, le baron d'ANDLAW.
Ce que fut exactement l'occupation pour nos villageois, il est difficile de le dire, vu le peu de documents en notre possession. Je me contenterai d'en donner quelques repères, au lu des archives communales.
12 décembre 1813: le maire, Claude François GRIFFOND FANFELIN tanneur : "Je suis allé avec l'adjoint prier M. L'abbé de faire des offices pour demander la paix".
27 décembre 1813 : " On a envoyé deux commissaires à Pontarlier pour savoir s'il était vrai que les troupes des puissances alliées y étoient entrées".
3 janvier 1814 : On doit livrer à Pontarlier 300 doubles décalitres d'avoine. Coût : 750 francs, voiturage compris. Même chose pour le 7 janvier.
16 janvier 1814 : Livré à Pontarlier deux boeufs ou vaches.
28 janvier 1814 : réquisition des armes étant dans la commune. "Résultat: deux fusils et une épée, qui est tout ce qui m'est parvenu, même après de nouveaux avertissements. On observe que les armes des communes étaient défendues du temps du roi, qu'elles ont été demandées sur la fin de la révolution, puis par l'autorité en automne dernier, pourquoi il ne s'en est pas trouvé, nos habitants ne s'amusant pas à cela. Signé le maire, le 18 mars 1814."
6 février 1814 : Il faut fournir 4 chevaux garnis de colliers et de traits pour conduire des munitions de guerre de Pontarlier à Baume.
" Jean Joseph JEANNIN-TENE et Claude François BLONDEAU de la Combe ont fait la corvée, avec chacun deux chevaux.
Partis le vendredi 11 au matin / A Mouthe, ledit jour, 3,90F / Le soir à Malbuisson pour coucher, 10,40F/ A Pontarlier pour samedi et dimanche au matin, 17,80F / Pour l'eau de vie de prévision et prévoyance en sortant de Pontarlier, 0,75F / Dimanche soir coucher plus déjeuner du lundi, 10,65F / Dîner du lundi à Mamirolle, 4,15F / Du lundi soir au mercredi matin à Saône, 12,35F / Mercredi midi à Mamirolle, 2,50F / Mercredi soir à Nods, coucher, 14,05F / Jeudi soir coucher à Pontarlier, 12,20F / Vendredi midi Labergement, 5,50F / Ont pris la goutte à Pontarlier avec DORNIER piéton de la sous-préfecture qui a bien soigné les cuirs et les traîneaux, 0,60F / Sont restés 8 jours à 15,60F par jour. TOTAL : 222,15F plus les rations."
14 février 1814 : Il faut livrer au Fort de Joux 322 rations pour soldats et 12 officiers. D'autres rations seront à livrer dans le même mois ainsi que 18 paires de souliers.
Ordonnance du 5 avril 1814 : il faut livrer toutes les armes restantes. "ordonnance publiée au prône et sur la place publique à la sortie de la messe du dimanche 24 avril".
1er mars 1814 : il faut livrer 9 livres de beurre non salé pour les besoins de l'ambulance de Pontarlier. En ce mois de mars, il faudra fournir "de la nourriture pour le fort".
16 mars 1814 : 21 aunes de drap à livrer près de Besançon.
6 avril 1814 : Le maire requiert Alexandre Joseph BOURGEOIS “chez les Frères “ percepteur aux réquisitions de percevoir 500 francs d'ici quinze jours. Il lui envoie deux garnisaires de la commune "pour rester chez lui à ses frais, à charge à lui de les envoyer chez les contribuables les plus en retard". Pour faire acquitter les réquisitions, les Alliés envoient par fois des garnisaires. Pour éviter ceux-ci, la commune nomme un garnisaire à elle : François Xavier BOURGEOIS L'HOTE instituteur dans la commune. C'est lui qui se rendra dans les maisons en retard de paiement et y restera en subsistance jusqu'à ce qu'elles se soient acquittées, lesquels garnisaires seront payés de leurs journées par les retardataires sur la base de 15 centimes par heure "à chaque homme". S'ils restent une ou plusieurs journées dans une famille, ils toucheront 1,50F par journée. "Seront nourris en famille convenablement". Il y eut d'autres garnisaires communaux comme Pierre Alexandre POUX-BERTHE. On leur demandait bien de ne faire "aucun voye de force et se comporteront honettement dans les familles".
30 avril 1814 : on doit fournir 890 livres de méteil et 155 rations d'avoine, le méteil étant un mélange de seigle et de froment semés et récoltés ensemble.
"La gelée nous a enlevé un quart de nos moissons en l'an 1812. Notre commune placée au sommet du département, bien connu puisqu'il n'y arrive point gens d'autre commune, joignant la frontière suisse, dans un sol sec et aride et des plus froids, ce qui a fait que l'an dernier 1813 la gelée a fait un plus grand ravage en nous détruisant passé le tiers. Ces malheurs et l'obstruction actuelle du commerce et les réquisitions variées dans les mois derniers qui se montent à plus de la moitié de la Contribution, tout cela fait que nous ne pouvons percevoir le montant des particuliers des dernières réquisitions que nous avons versées, nos marchands de fromage étant retardés ou arrêtés par les événements de la guerre de façon qu'on ne les revoit plus, ces fromages étant le seul revenu de la commune de façon que nous ne savons pas de ressources pour acquitter davantage de ces réquisitions. Veuillez nous soulager au nom de l'humanité et justice."
4 mai 1814 : 3 voitures attelées de deux chevaux chacune pour conduire des munitions de guerre du fort de Joux à Couvet.
8 mai 1814 " Au sous-préfet,
Je vous certifie avoir reçu avant-hier le 8 du mois de mai, à six heures du soir, une réquisition d'un soldat des puissances alliées pour une vache et boeuf de 250 à 300 pour être rendu à Pontarlier le 13. Je cherche un animal convenable et je m'oblige de la y faire rendre au jour fixé ou de faire fournir la viande, au moyen de quoi je renvoie le militaire porteur de la présente à son poste qui peut s'en retourner en toute sûreté de cette livraison à faire. Notre commune n'ayant encore été en retard d'aucune, vous pouvez compter sur moi. Claude François GRIFFOND maire."
25 mai 1814 :il faut livrer à Baume 600 livres de viande sur pied et 100 doubles décalitres d'avoine. "C'est pour les troupes des alliés qui rétrogradent. Ils étaient entrés à pontarlier le 26 décembre dernier 1813."
25 juin 1814 : "J'ai payé un franc au piéton pour ce qu'il en a coûté d'arranger le cachet de la commune à la fleur de lys."
Ainsi la France avait retrouvé ses rois...
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