Les malheurs des temps....
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http://www.stehelene.org]
La guerre
Soldats de Châtelblanc pendant la Révolution et l’Empire (suite)
Médaillés de la Croix de Sainte Hélène (voir le très beau site www.stehelene.org)
Désirant, dans sa magnanimité, honorer les soldats de la République et du Premier Empire qui combattirent sous les ordres de son auguste neveu, Napoléon III fit faire, en 1857, dans chaque commune, un état de ces soldats survivants, afin de leur octroyer une décoration dite "Croix de Sainte Hélène".
Pour Châtelblanc, l'état arrêté le 30 août 1857 mentionne 9 anciens combattants qui se virent donc décorer de ladite croix (photo). Etait-elle assortie d'une petite pension ?
Voici ces médaillés :
BOURGEOIS-POTAGE Claude Ignace, "84 ans. Ancien réquisitionnaire de la République ayant servi en qualité d'armurier dans les ateliers. Veuf et riche propriétaire". Originaire des Serments, il était venu vers 1810 s'installer sur la Combille comme tonnelier, fabricant de caisses. Il mourut le 19 juin 1865 à 92 ans. Sa descendance s'est éteinte au village et ailleurs.
JEANNIN-TENE Jean Joseph. " 80 ans. Ancien soldat de la République, il a fait partie de l'armée du Rhin au 100e régiment de ligne. Parti en l'an VII (début novembre 1798), rentré six ans et demi après (j'ai une autre date: rentré en juin-juillet 1800). Propriétaire aisé et célibataire".
Conscrit de l'an VI, est à l'armée de Suisse en mars 1800. Il meurt le 16 novembre 1867 à 90 ans, cultivateur célibataire aux Essarts.
JEANNIN-TENE Emmanuel. Frère du précédent. " 68 ans. Campagnes de 1813 à 1814 au 72e de ligne. Marié et propriétaire aisé". En fait, il rentre en mars 1814. On lui promet un congé définitif lors d'une visite qu'il fait au sous-préfet de Pontarlier à l'occasion du rappel que Louis XVIII fit à son arrivée au pouvoir. Depuis cette promesse, il n'a pas repris de service, lors des Cent-Jours notamment. C'est le père de Donat JEANNIN qui fut longtemps maire et fervent défenseur des Bonapartistes. Emmanuel meurt aux Essarts le 16 avril 1865 à 76 ans.
BLONDEAU-TOINY Pierre Joseph. 75 ans. Entré au service le 6 octobre 1805 au 7e bataillon principal du train d'artillerie. 1,78m. Il obtient son congé le... 31 décembre 1815. Il a tout fait : Allemagne, Italie, Russie, Grande Armée, et sans doute Waterloo. Maréchal des logis depuis août 1811. Décoré du Lys le 20 août 1814. Il épouse à 56 ans Marie Euphrasie BOURGEOIS-REPUBLIQUE, 34 ans, le 4 juin 1840. Ils n'auront pas d'enfant. Il meurt le 1er décembre 1861 à 77 ans, rentier.
Il était né aux Essarts et possédait des biens au Voiteloup. Son frère, Claude Ignace, de la réquisition de 93 fut armurier et mourut dans la Drôme avant 1820. Son autre frère, Pierre François, conscrit de 1796, fut condamné comme déserteur. Il eut de la descendance aux Essarts où il mourut à 53 ans, le lendemain du mariage de sa fille, en 1829.
BLONDEAU-NATOIRE Jean Joseph. "71 ans. Après avoir fourni un remplaçant, a été appelé et a fait partie de l'armée du Nord. Célibataire, peu aisé. Il n'eut donc pas de chance : il s'est ruiné pour fournir un remplaçant et se vit quand même appelé car Napoléon avait besoin de soldats en 1813. Il rentra après l'abdication de l'Empereur "porteur d'un congé de réforme à raison de blessure reçue à l'armée, qui lui a été pris par les Alliés en rentrant dans son département".
Il mourut le 18 novembre 1862, célibataire, aux Serments à 76 ans.
BLONDEAU-NATOIRE Jean Emmanuel, son frère. " A fait la campagne d'Italie de 1812 à 1814 et y a été blessé au 42e de ligne. Infirme, marié, des enfants". Il est mort le 17 décembre 1866 à 73 ans aux Serments où il était cultivateur et menuisier-charpentier. De la descendance.
CRETIN Jean Baptiste. "68 ans. A fait partie de l'armée d'Italie au 52e de ligne et de l'armée du Nord en 1814. Veuf, infirme et indigent". Né en septembre 1789 aux Grands Abattois d'un père cordonnier qui fut volontaire et mourut en mars 1794. Jean Baptiste fit au moins cinq ans de service et rentra après Waterloo, blessé au bras gauche.
Il construisit une petite maison dans un creux de la Combille, qui fut incendiée, puis rebâtie. Eut deux filles de son premier mariage. Il mourut le 11 juin 1870 à 80 ans sur la Combille.
CRETIN Jean Baptiste Aimé. "68 ans. A fait la campagne d'Italie en 1813 au premier régiment d'infanterie légère. Veuf sans fortune." Il meurt le 6 avril 1877 à 87 ans à Chaux-Choulet. De la descendance : les "CRETIN à l'Ange".
GUY-PETET Alexis Théodose. "66 ans. Fit les campagnes de 1813 et 1814 au 72e de ligne et au 15e Léger. Célibataire sans fortune." Sa famille habitait depuis longtemps Derrière la Roche et disparut, décimée par la "maladie polmonie". Alexis loua sa ferme puis la vendit; avec l'argent in acheta du bien en haut du village. Il en loua une partie à Pierre Alexandre BOURGEOIS PHILIPPET qui y tint café depuis 1813 au moins (c'était le café "Chez Charles").
Mort le 29 décembre 1869, "célibataire, ancien soldat pensionné au village". On l'appelait "La Roche" et était né en 1791. Son frère, rescapé de la "maladie polmonie", s'enrôla volontairement le 26 février 1813, dans la gendarmerie je crois.
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