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La guerre
Soldats de Châtelblanc pendant la Révolution et l’Empire
- La levée des “volontaires”,
- La conscription
- Les désertions
- Les remplacements
- Les réquisitions
- Les armuriers de Châtelblanc
- Les victimes du village
- Médaillés de la Croix de Sainte-Hélène
- L’occupation autrichienne de 1814
- L’occupation suisse de 1815
Les malheurs des temps....
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Etablir de façon précise la liste des soldats de la Révolution et de l'Empire pour le village de Châtelblanc, de même d'ailleurs que le nombre des victimes, s'avère impossible si on ne puise que dans les archives communales : les renseignements y sont épars, parcellaires voire contradictoires. Je n'ai pu reconstituer le parcours militaire que d'une quarantaine de soldats sur les vingt-cinq ans de cette période (1791-1815).
Jusqu'à la Révolution, Châtelblanc fournissait un ou deux miliciens de temps à autre, ce qui n'est rien comparé au nombre des jeunes gens, enrôlés volontaires ou non dans les armées de la Révolution puis dans celles de Napoléon. Les premiers à partir furent les volontaires de la levée de 1791. Ils furent 4 pour Châtelblanc, qui se retrouvèrent dans le 2e bataillon du Doubs de l'armée du Rhin.
Pierre MICHAUD-PIRET des Essarts. Nous le retrouvons à l'armée d'Italie en 1797, puis je perds sa trace. Il a un frère, François, dragon, qui meurt à l'hôpital de Modène le 22 octobre 1807.
Jean Joseph POUX-BERTHE dont les parents étaient originaires de Chapelle des Bois. Famille pauvre. Jean Joseph était grenadier. En 1798 on ignore où il est et je perds sa trace. Il n'avait qu'un frère, Claude Joseph, qui se maria et deviendra fou; il mourut à l'asile en 1815.
Pierre François BOURGEOIS-MOINE, dont le père, venu de Chapelle des bois était granger aux Anguenelles. En 1796 on le croit mort; en tout cas je perds sa trace.
Pierre Augustin CRETIN, originaire de Chapelle des Bois, dont je ne retrouve nulle trace.
Une 2e levée eut lieu le 5 août 1792, un mois et demi avant la victoire de Valmy. Châtelblanc eut 14 "volontaires" dont 4 furent dispensés de partir. Chacun d'eux reçut un pécule de la municipalité et tous se retrouvèrent dans le 6e bataillon du Doubs. Citons :
Pierre Louis CRETIN des Grands Abattois, le frère de Pierre Augustin ci-dessus. Sa femme et son fils de trois ans obtiendront l'année suivante un secours de la commune, car la famille est pauvre. Il était cordonnier. Il revint l'année suivante à son foyer, sans doute malade, et mourut le 9 mars 1794. Sa veuve eut par la suite deux petites filles de père inconnu et mourut couturière au village en 1833. Leur fils Jean Baptiste sera enrôlé dans les armées de Napoléon.
Jean Baptiste CRETIN des Bergines, frère du précédent. Sa femme et sa petite fille auront droit eux aussi à un secours de la commune. J'aurai l'occasion de reparler de lui à propos des désertion.
Jean Nicolas CRETIN sur lequel je ne sais rien.
Jean Joseph MICHAUD-PIRET, âgé de 39 ans, des Grands Abattois. Il était déjà militaire avant la Révolution. A un frère, douanier aux Rousses qui vendra leur propriété des Grands Abattois à des GUYON-VEUILLET de Chaux-Neuve (1792-1801), puis la famille émigrera. Je perds leur trace à tous les deux.
Jean Pierre POUX-LANDRY des Bergines, originaire de Chapelle des Bois. Je ne sais rien de lui.
Pierre Joseph BOURGEOIS dit DESSUS, sans doute le frère de "la République"; En 1797 "on le croit mort à l'armée, il y a longtemps que l'on n'a pas vu de ses nouvelles". En tout cas, je ne le retrouve pas à Châtelblanc par la suite.
Pierre Alexandre BLONDEAU-THOINY des Grands Abattois. En 1798 " on n'a point eu de ses nouvelles depuis plus d'un an". Je n'ai pas retrouvé sa trace.
Alexandre Joseph GUYE-COICHARD des Entrecôtes. Mourra à l'hôpital militaire de Landau le 21 juin 1794.
François Joseph BROCARD-HUGUENIN dont les parents venaient de Chaux-Neuve. Est, en 1795, armurier à Paris. Rentrera dans ses foyers en 1802. La famille, qui habitait sur la Combille semble s'évaporer avant 1810.
Comme on le remarque, un grand nombre de ces volontaires sont de familles venues s'installer à Châtelblanc comme fermiers. Des familles pauvres dans l'ensemble dont un ou plusieurs fils trouvèrent alors l'opportunité de soulager la famille, surtout depuis qu'on donnait de l'argent aux partants. En effet, peut-on appeler les jeunes hommes de cette levée des "volontaires" ? Voyons comment elle s'est faite.
La commune doit fournir un effectif du 1/6e de sa garde nationale, qui compte alors un peu plus de 80 hommes entre 20 et 60 ans. On décide de ne pas tirer au sort tant il est vrai qu'on voit mal envoyer aux armées un père de famille nombreuse, un sexagénaire, ou plusieurs membres de la même famille.
Que faire ? Il faudrait des volontaires, et pour décider ces derniers à s'enrôler, quoi de mieux que l'appât du gain, certains ayant bien besoin d'argent. On décide alors de donner des gratifications, environ 300 livres pour chacun, soit l'équivalent de 3 vaches, je pense. Cette gratification qui atteint voire même dépasse, pour le tout, les 3.000 livres sera répartie sur les contribuables suivant le barême des impositions, "afin que les pauvres y soient soulagés par les riches, que les faibles y soient soutenus par les forts".
La guerre, depuis 1792, prenait un caractère de plus en plus révolutionnaire. L'Assemblée avait décidé, le 19 novembre, d'apporter secours et protection à tous les peuples qui voulaient recouvrer leur liberté. Elle décrétait, le 15 décembre, que la féodalité serait abolie partout où passeraient les armées de la République. La levée en masse de 1793
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