Mes “Racontottes”
CONFESSION d'un ENFANT de CHOEUR (suite et fin) Notre éducation religieuse était ponctuée par trois grands rendez-vous : la petite communion (ou communion privée), la confirmation et la communion solennelle. Voici une photo miraculeusement réchappée d'un des accès imprévisibles de rangement de la M'man dont le plus grand danger était que, sous prétexte que tel objet était une "vieillerie", elle le "mette au ch'nit", comme elle disait. Je la propose ici, encore que je sois loin d'y paraître à mon avantage: est-ce le soleil ou une vision du Très-Haut qui m'éblouit, générant cette affreuse grimace? Je ne sais toutefois pas si les quelques anges qui paraissent sur la photo sont des "petits communiants" ou des confirmants. A y bien regarder, nous sommes encore bien minots ! Il y a là au premier rang, sur la gauche , le Joseph et le Claude chez Louis (des BLONDEAU APOLLINAIRE), le Claude qui sera maire de la commune s'il vous plaît! A ma droite en regardant la photo, le Léon chez POUX (du nom de son grand-père, mais c'est un BOURGEOIS-ARMURIER, élève brillant qui sera par la suite acupuncteur réputé à Besançon); c'est lui mon fournisseur de "Tarzan". A côté? Je ne le reconnais pas; peut-être le Bernard de la Combette (encore un BLONDEAU, un PATISSIER cette fois). Au deuxième rang, derrière les deux frères BLONDEAU, le Désiré CLERC dont les parents tenaient alors un des deux cafés du village. A l'arrière, avec les surplis, deux tout grands : le Roger chez l'Albert (BOURGEOIS-REPUBLIQUE) et peut-être le Michel BESANCON, fils de notre maîtresse et qui lui succèdera à l'école de notre village. En vue de la confirmation, nous avions passé un examen de catéchisme à Mouthe, chez le terrible doyen, un hercule à la voix de stentor, l'abbé JEANNINGROS. Il était d'ailleurs de toutes les saint Alexandre, dirigeant très autoritairement la cohorte de curés des environs venus eux aussi en pèlerinage. Nous avons tous réussi l'examen, ayant été dûment bachotés, et nous subîmes stoïquement la "baffe" de l'archevêque que, pour nous faire "nous émeiller" on nous annonçait terrible. Mais nous avons survécu! L'apothéose toutefois était la communion solennelle, la "grande communion", qui nous était imposée vers notre douzième année. Une retraite de trois jours précédait la cérémonie à laquelle participaient également les "chauniers" (ceux de Chaux-Neuve) que nous n'aimions pas beaucoup ( et vice et versa!). Cela remontait au fond des temps, aux XVIe et XVIIe siècles car, de tout temps, il y eut rivalité entre les deux communautés. L'atmosphère de paix qui baignait la retraite réussit à adoucir les choses. J'ai peu de souvenirs de la cérémonie mais si j'en juge par la photo-souvenir qui en fut conservée (brassard, missel, costume neuf...) elle fut placée sous le sceau du recueillement. J'eus peu de cadeaux. Mon parrain, le vrai, l'oncle André frère de P'pa était mort deux ans plus tôt. Ce fut la marraine, ma grand-mère Denise qui le remplaça en m'offrant ... un beau missel. Ma marraine du Brey, la vraie, ma grand-mère maternelle, me donna un cadeau "laïc", une montre. La communion avait fait de moi un grand, et à l'automne je partirais en pension (un pensionnat religieux, cela allait de soi pour un éventuel futur curé!) mais ça, c'est une autre histoire, bien que ma vie d'enfant de choeur se poursuivît longtemps encore!
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L’enfant de choeur
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Le Caté...
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