Mes “Racontottes”
Ma vieille école (suite) Suivaient ensuite, et selon les niveaux, la dictée et ses questions, le calcul, la rédaction, la lecture... J'ai pu retrouver quelques-uns de nos livres de lecture d'alors: le tout premier "En riant" dont les trois fascicules nous amenaient à une lecture courante entre Noël et Pâques. Vous vous rappelez: Toto, Titi le chat, Lili, le gros René, "René a dévoré le pâté...La mère de Lili a tué le coq..."? Au cours élémentaire, nous abordions "La Chaumine". Le premier chapitre commençait ainsi: "Fauvette est le nom d'un petit oiseau gris à tête noire..." Puis "Jeannot et Jeannette". Que de lectures bouleversantes! Vous vous rappelez "Les tôles du père Coquille", "Dans la nuit", "L'enfant mordu par un chien enragé"? Suivaient enfin les "Dumas" à la couverture verte. Ces lectures nous ont marqués beaucoup plus sans doute que celles d'aujourd'hui ne marqueront nos enfants. Il faut dire qu'en dehors de ces livres de classe nous n'avions pratiquement pas d'autres lectures... sauf le catéchisme! Toutefois notre école avait, dans une vieille armoire poussiéreuse qui recelait bien d'autres tésors, une bibliothèque: de vieux livres recouverts de gros papier bleu foncé et que nous pouvions emprunter, le soir après la classe. Il y avait notamment "Les lunettes de grand'mère" que chacun de nous a dû lire au moins dix fois. L'après-midi était réservé aux leçons: "la science", l'histoire, la géographie, la récitation. Et à certains moments de la semaine la couture pour les filles et le travail manuel: les animaux en bois découpé, les porte-lettres... En hiver, après la récréation et le goûter avait lieu "l'étude". Moment privilégié entre tous. Alors que souvent, dehors, les éléments étaient déchaînés, nous nous retrouvions dans la pauvre clarté que dispensait une faible ampoule. Il faisait "bon chaud" et l'atmosphère était beaucoup plus détendue qu'en classe. La maîtresse corrigeait à son bureau nos cahiers du jour ou le cahier mensuel, celui des compositions, et nous faisions nos devoirs. Nous avions même parfois des visites extraordinaires. Il n'était pas rare en effet de voir, dans le silence feutré de l'étude, s'ébattre des rats à deux pas de nous. Ils escaladaient les géraniums posés sur la console des fenêtres. Ils s'enhardissaient et nous essayions de les terrasser à coups de pied, mais ils étaient agiles, les diables! Il m'est arrivé une fois, en époussetant le matin avant la classe d'en voir un surgir d'un trou d'encrier: quelle frayeur! Quelles précautions, dès lors, pour introduire nos mains dans les casiers afin d'y prendre nos livres et nos cahiers! L'étude finie, il nous fallait revêtir nos longues et lourdes pèlerines et regagner, dans le froid glacial qui nous saisissait alors, sous la lumière glacée des lampes de rue blafardes, notre "chez nous".
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Photo de classe 1932 avec Mme BESANCON
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Accueil
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Ma vieille école (début)
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